Vu par ZibelineLaboratoire Parkour/Cirque, rencontre d'acrobaties urbaines entre deux formes de pratiques

Du chemin à parkourir

• 4 février 2015, 6 février 2015 •
Laboratoire Parkour/Cirque, rencontre d'acrobaties urbaines entre deux formes de pratiques - Zibeline

Ils sont sept. Trois circassiens et quatre freeruners. Le freerun est une variante du parkour, cette acrobatie urbaine, popularisée notamment par le film Yamakasi. Entre cirque et freerun, les sept jeunes garçons tentent de dresser des passerelles. En apparence, certaines sont évidentes. Les nombreux points communs des deux disciplines (rapport au corps, à l’espace, au danger, au vide) sont une base naturelle pour un rapprochement.

Lieux Publics les a accueillis tous les sept en résidence d’expérimentation, pour un Laboratoire Parkour/Cirque. Les circassiens ont des formations et des spécialités variées, les traceurs sont membres du collectif French Freerun Family. Dans la cour de la Cité des Arts de la Rue, ils ont présenté une démonstration issue de ce travail commun, coordonné par Julie Tavert et Cyrille Vernusse.

Il s’agit pour le moment d’une ébauche, d’une étape de travail, la deuxième, après une rencontre initiée il y a quelques mois en Alsace. Frédéric Rémy, directeur artistique du Festival Scènes de Rue à Mulhouse et Franklin Roulot, de la Fabrique Royale (agence spécialisée dans les pratiques urbaines), sont à l’origine de la rencontre entre traceurs et circassiens.

Pendant une trentaine de minutes, ils ont enchaîné montées et descentes d’escaliers métalliques, équilibres sur rampes ou plongeons dans une benne. Sans trop d’élaboration, hormis la performance physique et technique, la démarche s’inscrit clairement dans une logique de recherche et d’exploration de pistes pour amorcer une fusion.

Parkour d’artistes ?

La discussion avec les artistes à l’issue de la représentation était finalement plus intéressante que la démonstration. Artiste ? C’est là le premier des questionnements et le plus sensible. Trouver le langage commun entre les deux pratiques n’a pas été si simple.

« On a eu quelques confrontations au début, une façon différente de voir l’acrobatie », précise Karim Randé, l’un des circassiens. « Eux passent par la réflexion avant d’agir, d’avoir la matière, explique Simon Nogueira, champion de France de freerun en 2013. Nous, on va direct, on a d’abord la matière, on réfléchit après ! »

Les connexions ont fini par se faire. L’idée est de croiser les pratiques, pas forcément de les mixer, ni de transformer les uns ou les autres. Même si le terrain d’action est plutôt celui des traceurs, « l’expérience est autant la nôtre que la leur », lancent les circassiens. « Ils nous ont amené un regard sur l’occupation de l’espace, la présence scénique, la dramaturgie », confirment les freeruners.

Cet aspect-là, justement, fait grincer chez beaucoup d’adeptes du parkour, qui revendiquent de pratiquer hors de tout cadre. « Faire des exhibitions est mal pris par certains, relève Simon. Mais je crois que ce côté sauvage peut s’ouvrir. Le but, c’est d’être libre. »

JAN-CYRIL SALEMI
Février 2015

Photo : Marseille – Laboratoire Parkour-Cirque © Florian Bernard

Le Laboratoire Parkour/Cirque a eu lieu à la Cité des Arts de la Rue – Lieux Publics, à Marseille, les 4 et 6 février, dans le cadre de la Biennale Internationale des Arts du Cirque.

 

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