Rose n’invente pas tout à fait un cirque érotique au CREAC

Drôle d’ErosVu par Zibeline

Rose n’invente pas tout à fait un cirque érotique au CREAC - Zibeline

La démarche de Cahin-caha est intéressante, et réussie par endroits : Rose veut «oser l’Eros» et emprunte très largement ses numéros au cabaret de même couleur, cherchant une forme hybride qui revigore le numéro de cirque ; ainsi Gulko transforme Monsieur Loyal en meneur de revue, qui sait cependant jouer du fouet comme un jongleur ; Pierre Glottin exécute de brillants exercices d’équilibre, masochistes, au-dessus d’une planche à clou ; et les deux cordélistes, Fanny Austry et Manuelle Haeringer, jouent de leur nudité sans abandonner la virtuosité de leur art : leurs numéros de corde gémellaire, de corde volante, de tissu aérien, sont épatants. Mais érotiques ? Le strip-tease sur un trapèze ballant donne le frisson du risque quand elle lâche la corde pour faire passer les manches… mais demeure fort peu sensuel ! Les corps de cirque dans l’effort, transpirants, musculeux et souffrants, ne font pas frissonner de désir… Du coup l’Eros ici n’est que l’évocation de la sexualité, plus ou moins zoophile, exhibitionniste ou sadique, et non l’éveil du plaisir. Peut-être des lumières, une musique, des décors et costumes plus soignés permettraient-ils l’esthétisation nécessaire au propos ? Tel quel, Rose relève de la pochade, talentueuse et inattendue, mais n’invente pas tout à fait un cirque érotique.

AGNÈS FRESCHEL
Février 2013

Rose a été créé au CREAC, Marseille du 7 au 11 février