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Vu par Zibeline

Trois hallot et un muffin

Dough – Les Muffins magiques – en avant-première au César

• 27 janvier 2016 •
Trois hallot et un muffin - Zibeline

Dough – la pâte, ou le pognon – est le titre du film de John Goldschmidt, projeté en avant-première au cinéma le César le 27 janvier et présenté par Xavier Nataf, de Judaiciné. La pâte, c’est celle que pétrit, dans son magasin vétuste, chaque matin à partir de 4 h, Nat Dayan, vieux boulanger juif, dont la famille est installée dans l’East End de Londres depuis plus d’un siècle. Mais la solitude et les difficultés commerciales s’accumulent : veuf, il constate que son fils, brillant avocat à la tête d’une famille modèle, ne porte aucun intérêt à l’affaire familiale et son employé l’abandonne, débauché par un entrepreneur britannique aux dents longues qui lorgne sur la boutique pour la raser et la remplacer par un parking. Aussi quand sa femme de ménage lui propose en apprentissage son adolescent de fils, Nat l’accepte. Sauf que Ayyash, l’ado en question, est noir, musulman et un peu dealer. La relation entre les deux personnages n’est pas des plus simples, chacun véhiculant ses préjugés. Nat apprend cependant à Ayyash la préparation des pains consommés au shabbat, mais quand Ayyash mêle malencontreusement un sachet de certaines herbes à la pâte de ces hallot, le résultat est planant pour les clients, époustouflant pour les affaires de la boulangerie et le duo se soude face à l’adversité, entrepreneur affairiste ou trafiquant organisé. Cette comédie aux idées généreuses fait plaisir dans ces périodes troublées, mais ne tient pas toujours ses promesses. On sourit à quelques gags ou à quelques répliques. On comprend que les pinces qui maintiennent une kippa peuvent au moins servir à crocheter une serrure et que le pays où se rendent les juifs pour passer leurs vieux jours est la Floride. Plus sérieusement, Ayyash apprend que les boulangers juifs n’ajoutent pas de sang humain à leurs produits et Nat qu’Ayyash est réfugié politique, originaire d’un Darfour où des Janjawids musulmans persécutent d’autres musulmans. Mais le manque de rythme et l’influence anglo-saxonne du « feel good story » sont les limites de ce Dough pétri de bonnes intentions.

André GILLES

Ian Hart et Jonathan Pryce dans Dough ©D.R.


Cinéma Le César
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