Les 5 photographes lauréats du Prix Maison blanche 2014 exposés à la Galerie Mad de l’ESDAM, à Marseille

Doublé gagnantVu par Zibeline

• 8 janvier 2015⇒7 février 2015 •
Les 5 photographes lauréats du Prix Maison blanche 2014 exposés à la Galerie Mad de l’ESDAM, à Marseille - Zibeline

Après une première «mise en bouche» à Maison Blanche à l’automne, les lauréats du Prix Maison blanche 2014 se retrouvent pour un dernier round à la galerie MAD de l’ESDAM, co-organisatrice du festival avec Les Asso(s) et la Mairie 9e-10e de Marseille. Léa Habourdin (premier prix), Pauline Hisbacq, Vincent Ceraudo, Olivia Pierrugues et Laure Barbosa : cinq jeunes talents dont le travail reflète la pratique actuelle de la photographie, notamment dans les écoles d’art dont ils sont issus (ENSP-Arles, ENSAN-Villa Arson…). Exempt de thème imposé ou de critères restrictifs, le Prix Maison Blanche offre une grande diversité de techniques, d’imaginaires et d’esthétiques. La preuve dans ce grand écart, éminemment positif, entre la série Le dos qui reste d’Olivia Pierrugues qui met en perspective l’animal et l’humain, la fièvre qui s’empare de (tous) les corps ; le jeu conceptuel en noir et blanc des topographies imaginaires de Vincent Ceraudo, À demi-conscience, aux lignes brisées ou fusionnelles, aux formats multiples ; la matière métaphorique de Dé-rives de Laure Barbosa dont les traces, les empreintes et les paysages sont nés «dans les plis du souvenir de son histoire familiale» ; le détournement par Pauline Hisbacq de captures vidéo de retransmissions télévisées des JO de 1980 vers une abstraction fictionnelle, un évanouissement de couleurs, de formes et de contours. Et Léa Habourdin qui a construit «le cahier de doléances» à partir d’une autre série, Le livre des possibles, mêlant photos, images, collages, pensées, recherches… Un corpus aujourd’hui honoré par le festival qui lui consacre le premier numéro de sa nouvelle collection éditée par Le Bec en l’air (lire critique ici www.journalzibeline.fr/critique/lea-limage-et-la-collection) !

Sous les feux des projecteurs avec ce prix et cette monographie (Les chiens de fusil), Léa Habourdin s’attelle déjà à la production d’un ouvrage chez Filigranes, fruit d’un travail en binôme avec Thibault Brunet sur les bars PMU dans des petites villes du Pas-de-Calais. Une tournée en immersion qui révèle la curiosité extrême d’une jeune photographe dont on devra retenir le nom.

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI
Janvier 2015

À voir
Prix Maison blanche 2014
jusqu’au 7 février
Galerie MAD/ESDAM, Marseille 5e
04 91 82 83 46
www.laphotographie-maisonblanche.org

À lire
Les chiens de fusil
Photographies Léa Habourdin, texte Concilier Étienne Hatt, traduction anglaise Peter Mc Cavana
Le Bec en l’air éditions, 19 euros

photo : Cahier de doléances © Lea Habourdin