Muriel Tomao et Anne Gastine font revivre Fellini et Nino Rota à l'institut culturel Italien

Dolce Vita en musiqueVu par Zibeline

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Un piano, un guéridon, des lumières tamisées, des extraits de films de Fellini qui passent derrière un rideau plissé comme un rappel nostalgique… La mise en jeu de Philippe Gastine se veut simple, efficace : Nino Rota est à l’honneur. Le musicien milanais (1911-1979) a composé plus de 170 musiques de films, des symphonies, opéras, concertos, poursuivi de brillantes études de direction d’orchestre (Italie, USA…). C’est le compositeur de Fellini. Qui ne connaît la mélodie du Parrain ? Qui n’a vu La Strada, Amarcord, La Dolce Vita ? Muriel Tomao, soprano lyrique est Maria Stella, Anne Derivière-Gastine, pianiste, est Giulietta. Deux personnages, la chanteuse, italienne, sensuelle, très Monica Belluci dans sa robe moulée ; sa complice clown sensible et pragmatique : elle veut avancer, jouer, ne pas s’arrêter sur les mille récits de Maria Stella qui chevauchent la vie de la chanteuse et les films de Rota; on croise l’amour, la passion, la séparation, l’espoir, la déception, nos vies résumées en chansons. Le duo arrive à transcrire la pertinence du rythme du maître italien, laissant une grande liberté au discours. Muriel Tomao, beau soprano lyrique s’amuse de ce personnage, son chant reste lyrique malgré des graves charnels et des passages parlés qui impulsent un vrai réalisme, sans compter les clins d’oeil au public. Après la magique cantilène avec guitare Ninna Nanna (Fellini Roma), elle lance : cantiamo qualcosa di piu allegre per svegliare il pubblico, chantons quelque chose de plus gai pour réveiller le public ! Gastine est l’accompagnatrice idéale; son immense connaissance de la chanson en général, lui permet de faire parler la langue de Nino Rota avec brio. Musique légère, ironique, puis dense, dynamique, surprenante par ses contrastes de couleurs. On sort heureux avec l’envie d’un bon cappuccino sur un air du Parrain : parla più piano e vieni più vicino a me, s’abandonnant dans la fontaine de Trevi, lieu de tous les fantasmes, entre Marcello Mastroianni et Anita Ekberg.

YVES BERGÉ
Avril 2015

Ce récital a eu lieu le 27 mars à l’Institut Culturel Italien, Marseille

Institut Culturel Italien
6, rue Fernand Pauriol
13392 Marseille Cedex 05
04 91 48 51 94
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