Vu par Zibeline

Deux documentaires présentés au Festival des Cinémas d’Afrique du Pays d’Apt

Docs à Apt

• 8 novembre 2014 •
Deux documentaires présentés au Festival des Cinémas d’Afrique du Pays d’Apt - Zibeline

Parmi les films présentés à Africapt durant le weekend  du 11 novembre, outre le fascinant Revolution Zendj de Tariq Teguia, grand prix au festival Entrevues de Belfort, Un film Iranien, -pas iranien mais marocain !- de Yassine El Idrissi. Il y met en scène un jeune documentariste, lui-même, qui voudrait tourner, en Iran, son film de fin d’études, La Fête nationale, qui évoquerait le rapport des gens à leur drapeau, en s’inspirant du  cinéma qu’il préfère, celui de Kiarostami, Jafar Panahi ou Makhmalbaf. Mais ce que va raconter son film, ce sont ses difficultés à  mener à terme son projet vu les obstacles qu’il rencontre et c’est au Maroc qu’il va tourner. Ses repérages à travers son pays montrent  à quel point il est difficile de faire un film  pour un jeune cinéaste qui n’a pas encore réalisé les trois courts métrages nécessaires pour être produit. Rencontres et situations démultiplient les possibilités narratives d’un scénario très écrit au départ et certaines séquences dont la projection d’un film de Kiarostami dans un village berbère en vue d’un futur casting sont savoureuses.

Lamine Ammar-Khodja, lui, dans son dernier opus, Chroniques équivoques, détourne une commande sur les 50 ans de l’indépendance algérienne. Tournant un été à Alger, il fait un film puzzle, très personnel, en huit volets, s’interrogeant sur l’image d’Alger au cinéma, sur la position de celui qui vit ailleurs et y revient, sur l’absence des femmes qu’il ne parvient pas à filmer dans la rue, sur la frustration des jeunes et leur envie de quitter le pays. Il filme les révoltes étudiantes comme un ballet, ondulant sur une musique de Saint-Saëns. « En Algérie, on manque d’amour. » confie-t-il aux spectateurs.  Parlant à la 1ère personne, ce cinéaste qui habite l’imaginaire et qui veut avant tout faire ressentir des émotions, a su trouver les images et les mots pour nous parler de la douceur de vivre, c’est à dire le fait d’avoir la nostalgie du présent.

ANNIE GAVA
Novembre 2014

Photo: Un film Iranien Crédit: Yassine El Idrissi

 

 


Festival des Cinémas d’Afrique du Pays d’Apt
12 place Jules Ferry
84400 Apt
07 82 64 84 99
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