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Fatoumata Diawara, zibelinienne au festival Zik Zac

Diawara envoûte Zik Zac

Fatoumata Diawara, zibelinienne au festival Zik Zac - Zibeline

Gros succès pour la 21e édition du festival aixois qui recevait également Massilia Sound System, Daara J Family, Slim Paul et Scratch Bandits Crew

Un festival gratuit avec une programmation exigeante qui explore les grandes tendances des musiques actuelles de la planète. Depuis deux décennies, Zik Zac met en œuvre la définition de ce que doit être un événement populaire. Dix mille personnes se sont déplacées pour le groupe emblématique du vivre ensemble à la provençale, Massilia Sound System. Un public venu également très nombreux, deux jours plus tard, pour l’auteure-compositrice-interprète malienne Fatoumata Diawara. On a presque oublié, ces dernières années, qu’elle est une artiste singulière tant il est devenu courant de la voir dans des projets collectifs dans notre région : avec Africa Express puis Les Amazones d’Afrique lors de mémorables Fiestas des Suds, dans « Lamomali » avec M aux Suds à Arles ou encore sa tournée avec le pianiste cubain Roberto Fonseca. Cette fois-ci, c’est avec ses propres musiciens et pour défendre son troisième album solo, Fenfo, que Fatoumata fait escale à Aix-en-Provence.

Connue pour sa voix ensorcelante, celle qui s’est également illustrée au théâtre et au cinéma n’en est pas moins musicienne. Guitare en main pendant toute la première partie du concert, Diawara a des airs (vocaux) et l’énergie d’une Janis Joplin. Puis elle rend hommage à Fela Kuti en s’essayant à l’afrobeat. Comme lui, elle porte une parole très engagée à dimension panafricaine et universelle. La frontière est presque un fil rouge dans un spectacle de la diva. Frontières géographiques et politiques qu’elle appelle à faire tomber au nom de la liberté de circulation et d’installation. Frontières entre les genres, quand, dans une posture quasi-zibelinienne, elle condamne la faible présence des femmes dans les programmations de festivals. Frontières musicales qu’elle prend la liberté d’abolir, enchaînant les styles et les références avec une reprise de Higher Ground de Stevie Wonder. Cela fait alors déjà un moment qu’elle a lâché la guitare pour donner libre cours à son corps, drapé d’étoffes aux couleurs explosives. Et quand Fatoumata danse, il n’y a rien ni personne qui peut lui résister.

LUDOVIC TOMAS
Juillet 2018

Fatoumata Diawara s’est produite le 21 juillet, au festival Zik Zac qui s’est déroulé du 19 au 21, au Théâtre de verdure du Jas de Bouffan, à Aix-en-Provence.

Photographie : FATOUMATA DIAWARA © Jean de Peña