Vu par Zibeline

Rencontre avec Myriam Blanc à la librairie L'Histoire de l'oeil

Deux mamans

Rencontre avec Myriam Blanc à la librairie L'Histoire de l'oeil - Zibeline

Elles n’eurent pas tant d’enfants que ça… mais furent quand même très heureuses

Myriam Blanc croit aux vertus de l’exemple. C’est sans doute ce qui l’a poussée, en 2005, à écrire Elles eurent beaucoup d’enfantshistoire d’une famille homoparentale, un des premiers témoignages sur le sujet. Qui évoque entre autres le choix de l’Insémination Artificielle avec Donneur, peu fréquent car la procédure est compliquée et onéreuse. Qui pose aussi toutes les autres questions des homos qui deviennent parents. Un récit alerte, sensible, drôle, comme en témoigne la «petite chronologie lesbienne, homoparentale et subjective» qui clôt l’ouvrage. Au moment où la loi sur le mariage pour tous est discutée à l’assemblée, le livre vient d’être réédité sous le titre Elles eurent beaucoup d’enfants… et se marièrent. Dans une introduction d’une trentaine de pages qu’elle a ajoutée au texte originel, Myriam Blanc dresse le bilan de sept années de bonheur familial avec Astrid «sa chérie» et leurs deux filles, Augustine et Assia, âgées aujourd’hui de 12 et 11 ans. Que les cassandres se rassurent, ces presque adolescentes élevées par deux mères ont l’air d’aller très bien ! Une famille heureuse, donc. Et qui le serait plus encore si elle était enfin «reconnue comme une vraie famille». Car là est la question essentielle, sur laquelle l’auteure est revenue lors de la rencontre organisée à la librairie L’Histoire de l’œil. Interrogée par son éditrice Fabienne Pavia, elle a redit son attente d’une nouvelle loi sur la famille, qui tienne davantage compte des réalités. Celle qu’elles ont fondée, Astrid et elle, repose «sur l’amour exclusivement et non sur la génétique». Le donneur, dont elle souligne la générosité, n’est pas un père ; il n’y a pas de place pour lui dans la cellule familiale. De fait celle-ci ne s’est pas construite sur une absence, les filles connaissent depuis toujours l’origine de leur naissance et vivent très naturellement avec leurs deux mamans. Être une famille homoparentale, «nous n’y pensons pas à chaque minute de notre vie», répète Myriam Blanc. Quant à se marier, elle reconnaît en riant qu’il est «curieux d’être obligée d’en passer par là» mais «pourquoi pas nous ?». Et puis surtout, le mariage, un symbole fort pour les enfants, leur permettra d’adopter leurs filles. À l’image de son livre, cette femme généreuse figure l’homoparentalité heureuse, et n’érige pas son expérience en modèle : elle veut juste la faire partager. Pour que cessent l’ignorance et la peur qui engendrent une haine dont elle a souffert ces derniers temps…

FRED ROBERT

Février 2013

 

Elles eurent beaucoup d’enfants… et se marièrent

Myriam Blanc

Le Bec en l’air, 14 €


Librairie Histoire de l’Oeil
25 Rue Fontange
13006 Marseille
04 91 48 29 92
http://www.histoiredeloeil.com/