Vu par Zibeline

Désindustrialisation d’avant-garde

 - Zibeline

De bruit et de labeur  raconte la fin des ateliers cheminots arlésiens. Une évocation finement menée qui questionne sur le travail

Les fermetures d’usine ne datent pas d’aujourd’hui. Celle des ateliers SNCF d’Arles remonte à l’ère Mitterrand, pionnier de la rigueur de gauche. Bien avant les dérives de la mondialisation flamboyante, la rentabilité poussait déjà au détricotage du patrimoine industriel, y compris dans nos services publics.

Ce traumatisme économique et social à l’origine de la pièce  De bruit et de labeur, projet né d’une collaboration entre le collectif d’artistes L’Isba, le comité d’entreprise des cheminots de la région PACA et le Museon Arlaten.

Après un premier volet qui mettait en scène d’anciens cheminots, témoins d’une aventure humaine et industrielle de quelque 130 années, l’auteur Guillaume Le Touze a bâti, à partir de leurs émouvants témoignages, un texte tout aussi poignant, passant de l’évocation à la fiction.

Servi par trois comédiens, Catherine Krajewski, Henri Payet et Jean-François Veran, également à la création musicale, De bruit et de labeur est du théâtre documenté qui donne toute sa place à l’écriture, à la création. Au-delà de l’expression d’un sentiment d’injustice, d’amères désillusions et d’une révolte légitime, la pièce a la force d’éviter l’écueil si tentant de la nostalgie ouvriériste pour interroger plus largement sur le rapport à l’outil de travail, et au travail en général.

THOMAS DALICANTE

juillet 2012

 

De bruit et de labeur s’est joué du 17 au 24 juillet, au théâtre de la Rotonde, dans le cadre du Festival Off d’Avignon