Des zoulous à MarseilleVu par Zibeline

 - Zibeline

Les Sud-Africains de Phuphuma Love Minus ont conquis les festivaliers. Proposer un concert gratuit dans un quartier populaire, c’est aussi une des préoccupations du Festival de danse et des arts multiples de Marseille. Héros d’un spectacle de la chorégraphe Robyn Orlin également programmé dans le festival, le groupe Phuphuma Love Minus pratique l’isicathamiya, chant choral traditionnel zoulou d’Afrique du Sud. Mais ces chanteurs à l’énergie redoutable sont autant des jambes que des voix. Leurs costumes classieux deux pièces et chaussures vernis, comme une revanche sur l’histoire, rappellent qu’au début du vingtième siècle, les travailleurs zoulous qui émigraient vers les villes devaient marcher sur la pointe des pieds, interdits du moindre bruit dans les hôtels qui les logeaient. Et c’est d’ailleurs souvent sur cette pointe des pieds qu’ils exécutent leurs pas de danse, légers et millimétrés. Leurs voix mêlant plusieurs sonorités, ils évoquent, dans leurs chansons, une vie quotidienne pas si lointaine, marquée par les dégâts quotidiens de l’apartheid. N’hésitant pas à inviter le public à les imiter sur scène et à les soutenir en achetant leur CD, Phuphuma Love Minus garantit du grand spectacle. Sans artifice et avec générosité.

THOMAS DALICANTE

Juillet 2012

 

Phuphuma Love Minus s’est produit au théâtre de la Sucrière, le 5 juillet, à Marseille, dans le cadre du FDAmM