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Vu par Zibeline

"Tout un monde" joué au Théâtre Comoedia d'Aubagne

Des vertus de la désobéissance

La petite Maia et sa grand-mère entrent en scène, l’une rouspétant, l’autre incitant la première à la patience. Le village dans lequel elles habitent est désert, l’usine a fermé, les gens sont partis, abandonnant des lieux qui furent heureux et prospères. Désormais, un mur opaque les sépare du reste du monde. L’enfant voudrait bien aller voir ce qu’il y a de l’autre côté, mais sa mémé, effrayée par les dangers que pourrait courir sa petite-fille, s’y oppose catégoriquement. Maia enfreint les recommandations de prudence et part à l’aventure, rencontre des gens bien étranges, figés dans leur discours monolithique… C’est en regardant par une faille du mur que la petite fille rencontrera Elias, un petit garçon animé de la même curiosité et qui vit de l’autre côté…

La troupe des Mille Tours, costumée par Aurélie Guermonprez et mise en scène par Guy Simon, s’en donne à cœur joie dans un décor mobile et poétique (Tout un monde) conçu par Sonia Mikowsky. Sur le plateau, Aurélie Lillo (Maia) et Anouck Couvrat (tous les autres rôles, et à la direction artistique) apportent toute la fraîcheur de leur jeu à leurs personnages, leur accordant d’emblée une épaisseur humaine. Les dialogues savent se mouler dans une langue poétique et profonde, qui nous montre que les murs, quels qu’ils soient, ne sont jamais qu’un assemblage de petits cailloux et que la curiosité et la désobéissance ont parfois du bon…

Ces deux qualités ne sont-elles pas le moteur de toutes les histoires ? La transgression s’avère nécessaire, voire salutaire, la confrontation au monde enrichissante.  Savoirs et émotions se construisent par et avec l’autre. La découverte de l’ailleurs est porteuse de joie. Le village revit, grâce à l’effondrement du mur, les couleurs reviennent, les goûts se multiplient… Fin des uniformes et insipides plats d’autrefois ! La musique de Roman Gigoi souligne avec justesse et malice parfois les mots et les gestes, dans les belles lumières de Loïc Virlogeux. Le silence attentif et concentré du public enfantin témoigna « éloquemment » de la qualité de cette création !

MARYVONNE COLOMBANI
Mai 2019

Tout un monde a été joué le 30 avril au Théâtre Comoedia, Aubagne

Photo : Tout un monde © Loïc Larrouzé


Théâtre Comoedia
Cours Maréchal Foch
Rue des Coquières
13400 Aubagne
04 42 18 19 88
http://www.aubagne.fr/fr/services/sortir-se-cultiver/theatre-comoedia.html