Vu par Zibeline

Retour sur la rencontre-lecture-concert " Mahmoud Darwich, Un indien en Méditerranée "

Des mots qui éclairent la nuit

Retour sur la rencontre-lecture-concert

C’est sous le signe de l’amitié que Etel Adnan, Farouk Mardam-Bey, André Velter, Anne Alvaro, le Trio Joubran et Ernest Pignon-Ernest se retrouvèrent pour évoquer leur compagnon de route Mahmoud Darwich. Car tous l’ont croisé, en chair et en os, et en poésie. Avec une belle simplicité et en présence de Leïla Shahid, ambassadrice de Palestine auprès de l’Union européenne, de la Belgique et du Luxembourg, ils ont confié un peu de leurs souvenirs personnels, littéraires, photographiques.

«L’hommage en germe depuis sa mort s’inscrit dans l’histoire des Écritures croisées» rappela Annie Terrier qui rencontra le poète en 1997 et lui offrit une carte blanche en 2003 à laquelle participait, déjà, l’essayiste et poète André Velter. Quant à l’intitulé de la rencontre Mahmoud Darwich, Un indien en Méditerranée, celui-ci «a surgi à l’évidence comme l’image la plus juste du peuple palestinien». De fait la voix rauque de la comédienne Anne Alvaro lisant Le dernier discours de l’indien rouge pénétra plus encore la profondeur du texte : «Et nous savons que la vérité est plus puissante que la justice…», «Nous avons marché pieds nus pour sentir l’âme des gravats…», «Il pleure le peuple de ce lieu blessé…». Mais l’heure n’était pas à la complainte et bien plus à l’échange ! L’auteure Etel Adnan confia que «la meilleure façon de s’approcher de Darwich était de lire sa poésie ou de l’entendre», que les humiliations vécues par son peuple «le minaient de l’intérieur» et qu’il portait en lui «une vision de la poésie comme l’expression la plus aigue de l’être humain, comme si la poésie était à la pointe de la pensée». Sur le mode de la conversation entre amis, Farouk Mardam-Bey, engagé dans l’édition des écrivains arabes au sein d’Actes sud, André Velter et Ernest Pignon-Ernest qui le dessina avant de le rencontrer et, récemment, essaima ses empreintes photographiques à Ramallah et à Naplouse, évoquèrent ce qui, dans son œuvre et son parcours, éclaire la nuit. La présence des mythes, l’inquiétude et l’exigence permanentes, l’influence des maîtres classiques, la figure centrale du Christ, la résistance chevillée au corps… Tout ce qui fait qu’il faut «lire Mahmoud Darwich le poing serré et le cœur ouvert».

«Échanger des présents et des chants pour faire taire les armes» : son credo colla à chaque instant de la soirée jusqu’au bouquet final avec le Trio Joubran, accompagné par le percussionniste Youssef Hbeish.

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI

La rencontre-lecture-concert Mahmoud Darwich, Un indien en Méditerranée s’est déroulée le 23 juin à la Villa Méditerranée, Marseille

Crédit photo : Anne-Marie Rousseau

 

 


Villa Méditerranée
Esplanade du J4
13002 Marseille
04 95 09 42 52
http://www.villa-mediterranee.org/