Vu par Zibeline

Jolie adaptation de My fair Lady sur le voilier le Don du vent

Des mots pour le dire…

• 1 septembre 2016⇒2 septembre 2016, 16 septembre 2016 •
Jolie adaptation de My fair Lady sur le voilier le Don du vent - Zibeline

Le Don du vent est un superbe deux mats amarré en face de la Mairie de Marseille. On y donne, en particulier durant le Festival Septembre en mer, quelques bouffées musicales d’airs locaux et rétro en forme de joyeux pot-pourri (voir www.journalzibeline.fr/critique/les-voix-de-lalcazar et www.journalzibeline.fr/critique/marseille-comme-on-aime-aussi).

On ne savait pas que le voilier avait servi, il y a une soixantaine d’années, de lieu de villégiature studieuse au compositeur Frederick Loewe pour sa comédie musicale : My fair Lady !

Et comme ce « Musical » au succès et à la longévité phénoménaux a été créé à Broadway en 1956 (avec Julie Andrews et Rex Harrisson), c’est à Marseille et sur ce bateau qui a vu naître l’œuvre que son capitaine Philippe Derain et Jean-Christophe Born (qui signe l’adaptation) ont eu l’idée de fêter l’anniversaire. L’idée était belle : la réussite aussi !

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Dès les premières scènes, on entre dans l’imaginaire commun lié à cette relecture célèbre du Pygmalion de George Bernard Shaw et l’on se remémore la version cinématographique qu’en fit Georges Cukor en 1964 avec l’inégalable Audrey Hepburn. C’est d’abord le fameux refrain « I could have dance all night » qu’on reconnaît dès l’ouverture, et l’esprit « so britsh » développé par la mise en scène (Henri de Vasselot), l’incarnation des personnages d’Eliza Doolittle, pauvre fleuriste à l’âme simple, souillon des rues à la gouaille « cockney » et du professeur Higgins, gentleman chic, célibataire endurci et fils à maman qui, au prétexte d’une expérience « phonétique », lui donnera les atouts d’une « princesse ». C’est aussi grâce à la profusion magistrale de costumes (Atelier Sevin-Doering) que le spectacle fait mouche, comme lorsque Cecilia Arbel apparaît sur le pont dans une robe moulant sa silhouette en sirène, chapeautée à l’instar de l’affiche du film aux courses d’Ascot.

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La démarche est osée : deux acteurs-chanteurs jouent deux personnages seulement. Les scènes parlées en français sonnent justes, les airs et duos sont brillamment chantés en anglais. L’ensemble forme un raccourci cohérent de la comédie qu’on suit avec le sourire. Les voix sont luxueuses, lyriques. La soprano Cecilia Arbel distille par exemple un joli contre-ré au bout de son grand-air quand Jean-Christophe Born moule son soyeux timbre de ténor dans une déclamation théâtrale parlée-chantée éloquente.

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Originalité ! La transcription de l’accompagnement musical est écrit pour… deux accordéons ! A quatre mains, Solange Baron, qui a réalisé un travail remarquable sur la partition d’origine, et Cyrille Muller figurent à eux seuls un orchestre, une espèce d’orgue où souffle un esprit populaire. Ça roule !

Et l’histoire fait le reste… car l’expérience « scientifique » réalisée sur la diction de la jeune Eliza n’est qu’un prétexte initiatique ! Derrière le son, essentiel, il y a le mot… Au fil de la double métamorphose qui opère, c’est l’épreuve du sens qui est à l’œuvre… des sens.. et de l’amour ! Higgins s’y laisse prendre… et nous avec !28777068134_9cd7f5c9b4_b

JACQUES FRESCHEL
Septembre 2016

En raison du succès des représentations des 1er et 2 septembre, une supplémentaire est donnée le 16 septembre à 19h !

06 25 02 36 79 www.billetreduc.com/167968/evt.htm?nr=1

Photos © Germain Thyssen & D.R