Vu par Zibeline

L’Ensemble des Festes d’Orphée : flûtes à gogo

Des flûtes pour des violons

L’Ensemble des Festes d’Orphée : flûtes à gogo - Zibeline

 

L’ensemble des Festes d’Orphée, spécialisé dans le répertoire baroque, s’est amusé à décliner les flûtes dans son dernier concert, Flûtes en fête, de la ténor à la «sopranino». Le programme très éclectique musarde entre les auteurs baroques. Le Concerto IV de Schickhardt dont l’allegro aurait pu servir d’indicatif pour l’ancienne ORTF, laisse la Canzoni francese de Frescobaldi accorder à la partie de la viole de gambe une indépendance vis-à-vis des flûtes qu’elle ne faisait que soutenir précédemment. Boismortier apporte une construction plus complexe dans un style fleuri et narratif ; Pachelbel reste très sage avec ses variations de flûtes en canon sur l’ostinato de la viole de gambe. Michel Corrette ouvre la deuxième partie la plaçant dans le registre mutin et léger, avec le Concerto comique La servante au bon tabac où chacun reconnaît l’air de la comptine. L’entrain du morceau fait passer les curieux frottements du Concerto a quatro de Telemann, transcrit pour quatre flûtes. La Fantazia de Purcell guide alors les auditeurs dans un univers étrange, travail de demandes et réponses, échos, auxquels succède l’écriture lumineuse de Vivaldi dans son Concerto pour quatre violons transcrit pour flûtes et basse continue. Le bis quitte totalement ces univers pour une œuvre «retrouvée par John Towner Williams», dixit en souriant Guy Laurent. Il s’agit du thème d’Indiana Jones qui achève ce concert sinon dans la création du moins dans la bonne humeur.

MARYVONNE COLOMBANI
Mai 2013

L’Ensemble des Festes d’Orphée s’est produit le 30 avril à la Chapelle des Oblats, Aix