Black Boy par le Théâtre du Mantois, une prouesse réinventée à chaque représentation

Des combats historiquesVu par Zibeline

Black Boy par le Théâtre du Mantois, une prouesse réinventée à chaque représentation - Zibeline

Basé sur le roman de Richard Wright, Black Boy (paru en 1945), le spectacle du Théâtre du Mantois nous emmène au début du XXe siècle dans le sud ségrégationniste des Etats-Unis sur les pas d’un petit garçon puis d’un jeune homme qui s’affranchira du racisme et de l’asservissement, conquérant sa dignité et sa liberté par la lecture puis l’écriture.
Cette voix singulière est portée de façon magistrale par trois artistes qui, chacun à leur manière, vont construire et sublimer le récit, par la parole, le dessin et la musique. Par la mise en lecture et le jeu très fin de Jérôme Imard, qui est aussi l’auteur de l’adaptation du texte, les chants et les compositions musicales originales -hormis la reprise de quelques standards indispensables- d’Olivier Gotti, dont la guitare lap steel accompagne de blues magnifiques toutes les époques et situations ; et les dessins de Jules Stromboni, illustrateur génial qui délivre ses petits bijoux les uns après les autres : debout, penché au-dessus d’une table à dessins très particulière, il fait apparaître personnages et décors à traits de feutres ou pinceaux exécutés avec virtuosité, tableaux qui illustrent, transcendent, voire remplacent mots et musique.

Enfant noir en quête de liberté
Une prouesse, soulignons-le, renouvelée, réinventée même, lors de chaque représentation !
Découpé en saynètes chronologiques qui sont autant de marqueurs du cheminement heurté d’un enfant noir en quête de liberté face au racisme et à la haine quotidienne, ce spectacle total n’élude rien des stupéfiants et abominables actes racistes intrinsèques de la société américaine de cette époque, que l’on ne peut s’empêcher de rapprocher d’une actualité toujours contemporaine. Mais il fait aussi la lumière, année après année, sur la prise de conscience par ce même enfant, puis jeune homme, de l’importance de l’art dans sa vie, indispensable oxygène apporté par la lecture et l’écriture -qui nous fait de fait nous interroger : est-ce aujourd’hui un moteur aussi fort d’émancipation ?
Richard Wright est devenu un auteur majeur dans l’histoire de la littérature américaine, transformant au fil de son œuvre les mots en armes. N’est-ce pas intemporel ?
DOMINIQUE MARÇON
Décembre 2019

Black Boy a été donné le 22 novembre au Forum de Berre, le 7 novembre à l’Alpilium, Saint-Rémy-de-Provence, le 19 novembre au Théâtre La Colonne Miramas, et le 20 novembre au Théâtre de Fontblanche, Vitrolles.

Photo : Black Boy ©Théâtre du Mantois

Forum de Berre
Rue Fernand Léger
13130 Berre-l’Étang
04 42 10 23 60
www.forumdeberre.com

Alpilium
15 Avenue du Marechal de Lattre de Tassigny
13210 Saint-Remy-de-Provence
04 90 92 70 37
06 29 19 69 78
www.mairie-saintremydeprovence.fr

Théâtre de la Colonne
Avenue Marcel Paul
13140 Miramas
04 90 50 05 26
http://www.scenesetcines.fr/

Théâtre Fontblanche
Allée des Artistes
13127 Vitrolles
04 42 75 25 00
http://www.vitrolles13.fr