Journal Zibeline - bannière pub Journal Zibeline - bannière pub Journal Zibeline - bannière pub
Vu par Zibeline

Osez l'interdit au Centre de Conservation et de Ressources du Mucem

Dépasser l’interdit

• 2 mai 2019⇒26 juillet 2019 •
Osez l'interdit au Centre de Conservation et de Ressources du Mucem - Zibeline

L’année scolaire 2018-2019 aura été particulière pour une classe de troisième du collège Coin Joli Sévigné, situé dans le 9e arrondissement de Marseille. Le Mucem a invité les élèves à travailler autour de la thématique de l’interdit, en sélectionnant des œuvres et objets issus des collections du musée. Une réflexion au long cours pour un résultat très pertinent : les apprentis commissaires ont élaboré, accompagnés par la scénographe Laurence Villerot et d’autres professionnels, une exposition complète à découvrir au Centre de Conservation et de Ressources du musée.

Dès l’entrée, on perçoit l’humour vif de ces minots marseillais. La fameuse affiche sérigraphiée en 1968 à l’école des Beaux-Arts parisiens, « Sois jeune et tais-toi », y est déclinée, mais ce sont leurs visages que le Général De Gaulle musèle ! Le visiteur circule ensuite dans un parcours abordant l’interdit sous différents angles : son ambiguïté, son rôle dans la société, ceux qui l’incarnent et l’imposent, la particularité de celui qui pèse sur les femmes. De belles pièces ont été extraites par leurs soins des fonds du Mucem : le képi d’un agent de police côtoie une coiffe de deuil brodée au XIXe siècle, un règlement sur le glanage et le râtelage publié à Amiens en 1817 jouxte une entrave de galérien en fer forgé… À chaque étape, le visiteur est invité à prendre un feuillet explicatif de la démarche, et des constatations auxquelles ont abouti les collégiens. « Être jeune, c’est d’abord évoluer dans un monde d’interdits. » « Attention, un interdit peut en cacher un autre ! » « Osez dénoncer les abus ! » La belle soif de liberté qui a irrigué leur travail tout au long de l’année trouve un écho fort à propos à la sortie du CCR, où un tag féministe contemporain reprend un vieux slogan libertaire : « Ni mari, ni patron ! ». Peut-être que les conservateurs du musée découperont le mur, pour le référencer dans sa collection sous l’intitulé Graffiti, Marseille – printemps 2019 ?

GAËLLE CLOAREC
Mai 2019

Osez l’interdit
jusqu’au 26 juillet
au Centre de Conservation et de Ressources du Mucem, Belle de Mai

À VENIR :

Sur le site du J4, le Mucem consacre sa nouvelle grande exposition au peintre Jean Dubuffet. On danse ? s’achèvera le 20 mai, tandis qu’Instants tunisiens, Archives de la révolution est en place jusqu’au 30 septembre. Jusqu’au 23 juin, on peut également voir Persona, les œuvres de huit artistes roumains, qui explorent l’identité, notamment à travers le motif du masque. La curatrice Diana Marincu y mêle art contemporain et patrimoine ethnographique issu des collections du musée.

De nombreuses propositions en lien avec ces expositions sont annoncées. L’artiste invité de la saison, le chorégraphe Boris Charmatz, poursuit sa Salle de chauffe, un échauffement dansé avant la visite. Le 4 mai, le juriste Yadh Ben Achour donnera une conférence intitulée La révolution tunisienne, émergence de la citoyenneté, suivie d’un concert en partenariat avec le festival arlésien Les Suds (Vipa, rappeur venu de Tunis).

Enfin parmi les autres temps forts, notez les trois jours consacrés par le 144e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques à l’articulation entre Le réel et le virtuel (du 9 au 11 mai, Mucem, Vieille Charité et Musée d’Histoire de Marseille, entrée libre sur inscription : congres@cths.fr). La programmation, des plus alléchantes, invite à penser avec de très nombreux chercheurs des sujets aussi variés que les utopies, le virtuel comme support de connaissance, les frontières et fractures imaginaires, l’identité numérique, ou encore l’archéologie fictive.