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Vu par Zibeline

Chronique sur la rencontre littéraire avec Antoine Choplin à la librairie L'Attrape Mots

De petites histoires humaines

• 29 janvier 2014 •
Chronique sur la rencontre littéraire avec Antoine Choplin à la librairie L'Attrape Mots - Zibeline

À L’Attrape Mots, une belle rencontre à la nuit tombée, pour paraphraser le titre du dernier roman de l’auteur invité (lire la chronique ici). La nuit tombée est paru à la rentrée littéraire 2012 mais Antoine Choplin était dans notre région ces temps derniers car il fait partie de la sélection du Prix Littéraire des lycéens et apprentis de la région PACA. À ce titre, il était présent au premier forum en décembre à Draguignan (voir Zib’69) et en tournée dans plusieurs établissements scolaires et lieux culturels ce mois-ci. C’est d’ailleurs sur ce sujet qu’Agnès Gateff lui a d’abord demandé de s’exprimer. Quel regard des jeunes qui, le plus souvent, ignorent la réalité de Tchernobyl portent-ils sur une telle histoire ? Choplin a souligné que la récente catastrophe de Fukushima avait hélas redonné une actualité à l’accident survenu en 1986 en Ukraine, mais aussi que ses lecteurs lycéens s’intéressent surtout aux personnages, à l’histoire humaine que conte ce récit. C’est également l’essentiel à ses yeux ; La nuit tombée est une fiction littéraire pas un tract militant. Invité ensuite à évoquer son parcours littéraire, débuté en 2000, et en particulier la place que semble tenir l’art dans ses romans, il reconnaît que pour lui l’art est «porteur d’humanité face au désastre», comme une «lueur minuscule» pour les humains ordinaires, tout sauf héroïques, qu’il imagine. D’où lui viennent ses sujets ? Il l’ignore, parle d’un temps très long avant la première phrase, de silhouettes qui se mettent à grandir et dont il va «pouvoir épier l’humanité». Ainsi Gouri, le personnage principal de La nuit tombée, ancien liquidateur devenu écrivain public, est-il apparu progressivement dans le fil de l’écriture. Sa quête, en revanche, est inspirée d’un des témoignages recueillis par Svetlana Alexievitch dans La supplication. Pourquoi des textes courts ? «J’écris avec cette notion du creux, du non dit» répond-il. Désireux de garder un vrai regard extérieur, «beaucoup de choses [lui] échappent», les visages par exemple. De même, en chaque trajectoire, il y a toujours une «part d’énigme irréductible» que l’écrivain tient à ménager, lui qui se considère «juste comme un passeur». On attend avec impatience la sortie (imminente) de son nouvel opus, Les Gouffres, quatre textes courts dans lesquels on retrouvera «des personnages en quête de progression dans un univers hostile»… Histoires tragiques, histoires humaines, éditées une fois encore par l’excellente maison La fosse aux ours.

FRED ROBERT
Février 2014

Antoine Choplin était invité à la librairie L’Attrape Mots le 29 janvier

Photo : Antoine Choplin, librairie l’Attrape Mots © X-D.R