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Vu par Zibeline

Retour sur un festival marathon : La Folle Criée à Marseille

« De l’âme & du cœur » ?

• 7 février 2015 •
Retour sur un festival marathon : La Folle Criée à Marseille - Zibeline

A La Folle Criée chacun file à son tempo. On butine ci ou là quelque concert-minute, ou l’on se plante dans les couloir du Théâtre National de Marseille (tout blanc de réfection), samedi 7 février quai du Vieux-Port, dès l’apéro, pour aligner les concerts comme des perles, enrichissant au fil des heures un collier coloré, contrasté, alternant musiques baroque ou romantique.

Pour sa troisième édition marseillaise le festival promettait des « Passions de l’âme & du cœur » ! Un titre générique qui a pu tomber un peu à plat pour les austères fugues et contrepoints d’une Offrande musicale de Bach à l’architecture très cérébrale, mais au demeurant jouée avec maîtrise par le Ricercar Consort de Philippe Pierlot ! Auparavant, juste après le déjeuner, l’ensemble de cordes Café Zimmermann (sans son Pablo Valetti de 1er violon !) avait eu un peu de mal a enflammer la demi-salle du Grand Théâtre avec des Concertos du « Roux » vénitien. Heureusement que le violoncelliste Petr Skalka a réveillé l’assistance, a mi-programme, grâce à un réel engagement dans le geste instrumental, attitude qui faisait un peu défaut dans les premiers mouvements violonistiques de Vivaldi.

Marina ChicheAutre ambiance le soir-même ! La grande salle est pleine pour retrouver une belle violoniste : Marina Chiche surprend l’auditoire dans son interprétation très investie de la 10ème sonate de Beethoven. Elle joue sur le fil de la corde, des sonorités à la limite du silence, des sons à plats, quasi « baroquisants ». C’est original et vivant, mais d’aucuns diront que ça manque un peu de corps, d’autant que le piano d’Emmanuel Strosser se trouve contraint de retenir ses marteaux pour ne pas couvrir son alter ego. Pourquoi donc, dans cette optique, ne pas interpréter l’opus sur piano-forte afin de mieux préserver l’équilibre sonore ?

C’est finalement à une habituée de lieux (et un programme des plus conventionnels) qu’est revenue la palme de la journée. Anne Queffélec, en toute simplicité, commentant son programme d’une voix enrouée par la grippe (mais au combien savante), a livré de jolies Sonates de Scarlatti avant des tubes dont on a admiré la hauteur de vue et l’évidence interprétative, passionnée et passionnante, sans aucune mièvrerie: la Sonate dite « clair de lune » et la fameuse rengaine en Bagatelle « pour Élise » de Beethoven. Une belle clôture pour une manifestation qui, somme-toute, avec bonheur, fait courir les Marseillais !

JACQUES FRESCHEL
Février 2015

Photos Petr Skalka, Marina Chiche D.R.


La Criée
30 Quai Rive Neuve
13007 Marseille
04 91 54 70 54
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