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Vu par Zibeline

Mettre en scène Réparer les vivants de Maylis de Kerangal, un défi réussi d’Emmanuel Noblet

De battre son cœur n’a pas cessé

Mettre en scène Réparer les vivants de Maylis de Kerangal, un défi réussi d’Emmanuel Noblet - Zibeline

« Au départ c’est une envie d’acteur. Après quinze ans de théâtre avec des partenaires sur scène, je voulais me confronter à cet exercice particulier de la narration : une traversée de texte en solitaire avec différents registres de jeu dont le chant. » C’est fort de cette envie qu’Emmanuel Noblet s’est emparé du roman de Maylis de Kerangal, Réparer les vivants (chronique à lire dans le n° 72 de Zibeline, mars 2014). Le défi n’était pas mince. Comment faire vivre, seul sur le plateau, ce récit puissant et tragique, véritable marathon romanesque d’une transplantation cardiaque? Comment faire entendre toutes les voix de cette histoire de mort et de renaissance ? Comme le jeune Simon dans  LA vague, Emmanuel Noblet a plongé dans le texte et il a indéniablement gagné son pari. Une heure trente d’un spectacle épatant, au rythme soutenu et à la mise en scène d’une grande efficacité. Une heure trente d’une histoire dont on a envie de savoir la suite même lorsqu’on la connaît déjà.

Tout commence dans le noir, au son d’un cœur qui bat. La voix de Maylis de Kerangal s’élève : elle dit le prologue de son roman. Immédiatement nous voici dans le rythme. Suit la scène augurale, celle où les jeunes gens vont surfer dans le petit matin glacial. Dans la semi-obscurité, tandis que le grand écran de fond de scène fait miroiter les flots sous la lune, Noblet devient Simon attendant la vague, comme il deviendra ensuite Révol, Thomas Rémige et les autres acteurs de cette course contre la montre, de cette chaîne du don. Avec presque rien, deux chaises, une table à plateau, une blouse blanche qu’il ôte ou enfile selon les besoins de l’histoire. Lors de l’opération, on s’attend presque à voir le cœur de Simon entre les mains du comédien. Force du récit, magie du jeu, tous deux étoffés par un excellent habillage sonore- chœur de musiques, de voix off, de jeux d’amplification- et par une judicieuse utilisation de l’écran. Une performance très réussie, portée par un acteur totalement engagé et soutenue par le travail remarquable de toute son équipe artistique et technique.

FRED ROBERT
Janvier 2017

Réparer les vivants, adaptation, jeu et mise en scène Emmanuel Noblet, a été créé pour le festival Off d’Avignon 2015. Le spectacle a été représenté au théâtre des Bernardines du 10 au 21 janvier.

Photographie : Réparer les vivants © Aglaé Bory


Théâtre des Bernardines
17 Boulevard Garibaldi
13001 Marseille
08 2013 2013
http://www.lestheatres.net/