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Le Festival des Arts Éphémères dans un jardin enchanté

Cueillez dès aujourd’hui…

Le Festival des Arts  Éphémères dans un jardin enchanté - Zibeline

Pour sa 5e édition, le Festival des Arts Éphémères a choyé son public. Dans une verdure particulièrement éclatante cette année, le magnifique parc à l’anglaise de Maison Blanche déploie les œuvres d’une vingtaine d’artistes reconnus, ainsi que celles de plusieurs étudiants et élèves des ateliers publics de l’École Supérieure d’Art et de Design Marseille-Méditerranée. Pour Jean-Louis Connan, directeur de l’ESADMM et commissaire de l’exposition, l’important est de concilier lors de cet événement exigence artistique, transmission des savoirs, et pratiques amateures. Un pari tenu, avec l’ambition de présenter à chaque fois un travail original, qui s’intègre dans ce contexte particulier : «Et pas seulement du land art, comme on le pense souvent quand il s’agit d’œuvres exposées en milieu naturel. Elles sont parfois très industrielles ou architecturales !»

C’est le cas de la carcasse de jet-ski de Boris Chouvellon, fossile d’une «nuisance bruyante» perchée dans le silence des feuillages, ou bien de la serre élaborée par Frédéric Pradeau, aux dimensions précises : 31,3 m2, soit l’espace moyen par habitant de Marseille. Un «révélateur de frustration, ce sentiment éphémère – heureusement ! – car c’est ce qui nous permet de tenir le coup». Sur la pelouse un peu plus loin, les Ongles de Laurent Perbos, plaques de métal vernies évoquant aussi bien une denture rouge de bétel, et une fiction provocante : Didier Tallagrand a posé un panneau prévoyant «Ici et bientôt» la construction d’un canal et la «reconstruction paysagère» du site, avec rapprochement artificiel… de la Sainte-Victoire.

Le parcours sous les couverts du jardin est l’occasion d’une belle découverte : réalisation collective de l’atelier La Sauvagère dirigé par Christiane Parodi, son Cabinet de curiosités happe le passant avec délicatesse pour lui laisser un parfum salé d’aventures marines. C’est la trace du projet Ulysses, l’itinéraire d’art contemporain conçu par le FRAC PACA pour la Capitale européenne de la culture.

Notre principal coup de cœur va cependant à la motte de terre qui respire de Caroline Le Méhauté intitulée Grow grow grow, dont on ne sait si elle prélude à l’extraction d’un golem ou si elle figure Gaïa en pleine méditation. Une œuvre dotée d’un impact profond, qui ne se donne pas instantanément, mais trouble autant qu’elle invite au recueillement.

GAËLLE CLOAREC
Mai 2013

Le Festival des Arts  Éphémères a lieu du 23 mai au 13 juin dans le Parc de Maison Blanche, Marseille.

Photo : Didier Tallagrand «Ici-et-bientôt»

Ci-dessous, vidéo de Grow, grow, grow de Caroline Le Méhauté :