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Le grand ménage de printemps, premier festival de rue à Cucuron très réussi

Cucuron a tout bon

Le grand ménage de printemps, premier festival de rue à Cucuron très réussi - Zibeline

Le Luberon en avril c’est… magique. Du thym fleuri, du lilas parfumé, des glycines foisonnantes, et quand tout cela embaume la colline ou cascade sur une façade du XVIIIe siècle, c’est bien simple, on se croirait dans un paradis provençal. C’est -entre autres- la raison pour laquelle on se faisait une joie d’assister au tout premier Grand ménage de printemps, festival des arts de la rue à Cucuron. Et l’on n’a pas été déçu !

Tout y était : le lilas, la colline, les bâtisses du XVIIIe, mais aussi le vin des côtes du Luberon et les chambres d’hôtes du pays. Peu de compagnies (sept en tout), réparties dans le dédale des ruelles cucuronnaises, sur le terrain de boules ou à l’étage du Musée, avec selon Romaric Matagne, grand organisateur de la manifestation, «une grande attention portée à la scénographie». Chaque spectacle placé dans un environnement pensé pour «l’émotion qui s’en dégage», et une rencontre avec le public prévue en fin de journée, pour comprendre l’intention artistique et les enjeux de l’intermittence.

Public qui a suivi avec enthousiasme, malgré une météo tirant vers l’humidité. Parmi une programmation de grande qualité, on retiendra en particulier deux «cheminements». Celui très intense de Mon grand oncle (par Sébastian Lazennec, venu du Mans), qui emmène les spectateurs à la poursuite d’un claudiquant personnage, héritier d’un sombre destin familial, jusque dans un logement puant la mort, la vieille chaussure de marche, et les chocolats périmés. Et celui, hilarant, de la Compagnie Tétrofort. Deux fameux acteurs, Hélène Artuis et Pascal Gautelier, y interprètent un couple célébrant ses quatorze ans de mariage (c’est le titre du spectacle, 14), et insidieusement, tout en finesse, ils convoient près de cinquante personnes dans l’univers familier du français moyen. Cela pourrait être de la caricature -le mari est misogyne, raciste et patron d’un «magasin pour pauvres, le Lidl de Pertuis»- mais bien que vacharde, leur prestation est trop intelligente pour en arriver là, et tout le monde se prend au jeu de la beaufitude, sans être dupe. Un tour de force !

Il y avait belle lurette que l’on n’avait pas vu un tel élan chaleureux porter le théâtre de rue. Il faut dire que pour monter ce festival -ô joie d’une création, à la triste époque des fermetures et restrictions subies- l’équipe s’est appuyée sur un réseau d’habitants des plus motivés : 70 bénévoles, des commerces devenus mécènes privés, des particuliers prêtant gracieusement leurs voitures « vintage »… Le budget financier de 30 000 €, assuré par la commune et le conseil départemental du Vaucluse, s’est vu doublé par la valorisation ainsi produite. Et à Cucuron, on prépare déjà la deuxième édition.

GAËLLE CLOAREC
Avril 2015

Le grand ménage de printemps a eu lieu à Cucuron du 21 au 26 avril

Photo : Compagnie du Petit Monsieur -c- Geneviève Chaud