Journal Zibeline - bannière pub Journal Zibeline - bannière pub Journal Zibeline - bannière pub

3 femmes, 3 visions du monde incarnées avec brio par Rachida Brakni

Croire que l’on peut parler

3 femmes, 3 visions du monde incarnées avec brio par Rachida Brakni - Zibeline

La réussite de Je crois en un seul Dieu tient d’abord à la performance d’une actrice, Rachida Brakni, saluée debout quasiment à chaque représentation. Avant même le texte de Stefano Massini, pourtant considéré comme l’un des dramaturges italiens contemporains les plus importants ? Sans doute aucun. Car si l’on décèle un brin de caricature dans cette histoire à trois voix féminines, une Palestinienne déterminée à commettre un attentat, une professeure d’histoire juive, et une soldate américaine postée en Israël, elle appartient bien à l’écriture. Surtout pour ce dernier personnage, une virile citoyenne des USA que l’on sent dessinée par un auteur européen.

Reste Rachida Brakni, habitée tour à tour par trois visions du monde politiquement incompatibles, passant de l’une à l’autre avec finesse, puissance, aisance. Seule sur le plateau, sobrement éclairé et scénographié par Nicolas Marie, avec une bande-son aussi discrète que pertinente créée par Patrick De Oliveira, elle brûle les planches. « Je suis en empathie avec chacune de ces femmes », précise-t-elle après la représentation. « Cela ne veut pas dire excuser, mais comprendre les humiliations vécues au quotidien par l’une, qui se radicalise, la peur montante chez l’autre, qui se radicalise aussi d’une certaine manière, et le regard plus extérieur de l’américaine, où l’on projette le nôtre. »

La comédienne a hésité avant de se lancer dans ce projet sur le conflit israélo-palestinien, malgré son souhait très vif de travailler avec le metteur en scène Arnaud Meunier, mais l’absence de manichéisme l’a rapidement convaincue. À un spectateur qui lui demande s’il y a déjà eu des réactions négatives à la pièce, qui a beaucoup tourné, avec nombre de rencontres scolaires, elle répond : « Jamais. Nous avons discuté avec des gens de confession juive, musulmane, catholique… les réactions sont toujours très positives. » En cela réside aussi la réussite de l’œuvre : sur ce sujet brûlant, le dialogue est noué.
GAËLLE CLOAREC
Avril 2018

Je crois en un seul dieu s’est joué du 14 au 16 mars au Théâtre Joliette, Marseille

Photo : © Sonia Barcet


Théâtre Joliette
2 place Henri Verneuil
13002 Marseille
04 91 90 74 28
www.theatrejoliette.fr