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Vu par Zibeline

Le chaleureux Festival international du dessin de presse, de la caricature et de la satire de l’Estaque

Croire au crayon

Le chaleureux Festival international du dessin de presse, de la caricature et de la satire de l’Estaque - Zibeline

Huîtres, petit vin blanc, accolades et tapenade. Arriver au bar Albert en plein Festival international du dessin de presse, de la caricature et de la satire de l’Estaque, c’est mettre le pied dans un tourbillon chaleureux. María Veroníca Ramírez, argentine, vous ouvre ses carnets, splendides aventures d’une petite fille, La Monstriña.

Le brésilien Joe Bonfim croque votre portrait en deux coups de stylo Bic. Pierre Mirman, membre du bureau, déplore que les financements publics se tarissent : « Ce festival, c’est une fenêtre ouverte sur la liberté d’expression à Marseille, on ne va tout de même pas se tourner vers le sponsoring privé ! C’est un danger réel pour la démocratie. » Fathy Bourayou, directeur artistique du Fidep, vous rugit à l’oreille que lui et son équipe ne veulent plus de discours de politiciens, seulement une parole populaire.

Un peu ébouriffée, la journaliste décide de rallier le Centre social de l’Estaque, pour découvrir l’exposition consacrée aux droits des femmes par l’association Le Crayon. Alexandre Faure, qui l’a fondée en 2015 suite à l’attentat de Charlie Hebdo, assure volontiers la visite. Il prêche une convaincue, certes : rien ne vaut un bon dessin pour tailler dans le vif avec humour. Mais rencontrer une telle foison d’œuvres acérées décuple l’effet. « 271 dessinateurs nous en ont envoyé, l’artillerie lourde de la presse mondiale, et je continue à en recevoir. »

Sur des kakemonos thématiques -éducation, religion, sexualité, maltraitance, exploitation, combats féministes…- on mesure à quel point naître femme est, en 2018, encore un handicap sur tous les continents. Paradoxalement, « j’ai dû trier, le milieu du dessin est assez machiste, mais c’est une question de génération, il y a du progrès. » 60 dessinatrices ont participé à l’exposition, itinérante. Elle s’apprête à faire étape au Palais-Bourbon, à Paris, puis à Strasbourg avec le Conseil de l’Europe, « pourtant c’est dans des endroits comme ce centre social qu’elle est le mieux, car on peut toucher des gens qui ne vont jamais en voir ».

 

GAËLLE CLOAREC
Septembre 2018

Le Fidep a eu lieu un peu partout dans le quartier de l’Estaque, du 17 au 23 septembre à Marseille

Photo 1 : -c- Cécile Bertrand
Photo 2 : -c- Mix et Remix