Journal Zibeline - bannière pub

La chose : une histoire inquiétante de cheveux par la compagnie Le Jardin des Délices

Crise capillaire ?

Vérifier les jours off sur la période
La chose : une histoire inquiétante de cheveux par la compagnie Le Jardin des Délices - Zibeline

Oubliez tous vos repères et laissez-vous porter, l’étrangeté s’invite sur scène. Ni inquiétante ni effrayante, mais bel et bien troublante. Car Nathan Israël, interprète circassien, et Luna Rousseau, metteuse en scène et auteure, fondateurs de la Cie Le Jardin des Délices, continuent à interroger la figure du monstre, celui qui sort de la norme pour bousculer les certitudes et déranger l’ordre du monde. Alors, « monstrueuse » cette matière, le cheveu, qui est au cœur de La Chose, spectacle créé au Théâtre d’Arles, qui nous concerne tous, femmes et hommes ? Parfois, serait-on tenté de répondre en sortant du spectacle, après avoir assisté à la dissection de notre rapport à cette matière organique, symbolique, immédiatement préhensible, porteuse d’un imaginaire débridé !

Nul besoin de narration, encore moins de raisonnement, pour se plonger dans les tableaux successifs qui peuplent le sol et les airs de poils en tous genre, assemblés sur les têtes, les corps, ou tassés dans un coin. En fond de scène -seule particularité du décor-, une sculpture saisissante se dresse, longue chevelure tutélaire qui se déploie et s’élève, statique et spectaculaire. Les cinq interprètes, Julien Cramillet, Chloé Mazet, Maélie Reymond, Céline Brynart et Nathan Israël, se métamorphosent en créatures hirsutes, sur corde lisse ou corde volante, dansent ou entrent dans une transe échevelée… Certaines scènes sont à couper le souffle, tableaux charnels et sensuels éclairés par une lumière sculpturale qui souligne les portés improbables, les corps qui glissent et s’imbriquent dans et hors d’un écheveau massif, une créature qui chevauche sa corde et perd petit à petit sa longue chevelure, jusqu’à l’envolée finale d’une corde qui effleure une tête, transformant les cheveux en ondée frémissante. C’est beau, drôle aussi, et parfois grinçant tant notre humaine condition nous apparaît bien bornée parfois.

DOMINIQUE MARÇON
Janvier 2019

La Chose a été créé le 24 janvier au Théâtre d’Arles dans le cadre de la Biac

Photo : La Chose -c- Ian Grandjean

 


Théâtre d’Arles
43 rue Jean Granaud
13200 Arles
04 90 52 51 55
www.theatre-arles.com