Retour sur le festival Cris du monde qui s'est déroulé à la Ciotat du 20 au 23 novembre

Cris du monde à la CiotatVu par Zibeline

• 20 novembre 2013⇒23 novembre 2013 •
Retour sur le festival Cris du monde qui s'est déroulé à la Ciotat du 20 au 23 novembre - Zibeline

Le plan séquence est au cœur du nouveau festival Cris du monde, initié par trois amoureux du cinéma, Emmanuelle Ferrari, Jean Michel Frodon et Jacques Willemont, qui s’est déroulé à l’Eden, du 20 au 23 novembre.
Après une première table ronde le 20 novembre, animée par Jean-Michel Frodon et une intervention du cinéaste et critique Alain Bergala, le lendemain, ce fut au tour de Dominique Païni, théoricien du cinéma, enseignant à l’École du Louvre, d’interroger le plan séquence, d’essayer d’en cerner les enjeux esthétiques et politiques, s’inspirant de trois exemples de l’actualité : les images de caméra surveillance du «tireur fou», le plan séquence de l’assassinat de Kennedy (rediffusé abondamment pour l’anniversaire de l’événement), des images prises par un tailleur -«un homme de coupe qui n’a pas coupé !»et que Pasolini considère comme le plus exemplaire des plans séquences. Dans son inventaire, en tant que «cinéphile ordinaire» -on aimerait tous être ce cinéphile ordinaire !-, il a cité aussi et rapidement analysé les plans séquences de Gus Van Sant, Fellini, Godard, Akerman, Sokourov, Antonioni et Benoit Jacquot, président du jury et dont le film Le 7e Ciel a été présenté en ouverture. Une conférence passionnante complétée par les paroles du cinéaste Sylvain George et du critique Tahar Chikhaoui, qui a parlé du plan séquence comme d’«une histoire de filiation» et qui s’est terminée par le visionnement de deux séquences de Chronique d’un amour et de Profession reporter d’Antonioni. Le public a pu voir aussi La Reprise du travail aux usines Wonder de Jacques Willemont et la chronique du désamour, La Notte d’Antonioni, avec Jeanne Moreau et Monica Vitti qui, malheureusement !, semblaient avoir pris quelque épaisseur lors de cette projection au mauvais format.
Cris du monde, c’est aussi une compétition de films courts tournés en plans séquences autour du cri qui «permet de s’oublier un peu pour regarder le monde», dont beaucoup ont été réalisés pour le festival. 30 films sélectionnés sur les 340 reçus et 7 primés dont Cris du monde favorisera la diffusion. C’est aussi le concours de scénarios : 138 reçus, 7 sélectionnés et 3 primés (SACD). Ce sont également des longs métrages, en avant première ou du patrimoine et des rencontres avec les réalisateurs.

Bref, un festival qui s’inscrit en amont du processus de création et devrait perdurer au-delà de 2013.

ANNIE GAVA

Novembre 2013

Palmarès
Prix des Lycéens de Beyrouth (une résidence d’artiste à Beyrouth)
Je sens plus la vitesse de Joanne Delachair

Prix du Jury
Furor de Salomé Laloux-Bard
La peur, petit chasseur de Laurent Achard
Looking for Scarlett d’Arnaud Gerber
Que reste-t-il ? de Ludivine Henry
Grand Guignol de Vincent Le Port
Le Mont de la tentation de Maxime Coton
Rendez-vous de Balint Nagy et Nandor Lorincz

Prix
Tout doit disparaître d’Olivier Cholez
Identification… d’une femme d’Emmanuelle Pretot
Impasse de Guillaume Lesquer et Hélène Gimenez

Photo : Furor de Salomé Laloux-Bard