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Au PIC à l'Estaque, le 3 novembre, l'ensemble Télémaque donnait sa chance à de jeunes compositeurs

Créer… pour penser demain !

• 3 novembre 2015 •
Au PIC à l'Estaque, le 3 novembre, l'ensemble Télémaque donnait sa chance à de jeunes compositeurs - Zibeline

Sans la création d’aujourd’hui, le patrimoine s’étoufferait progressivement… comme la pensée. Demain se réduirait à une espèce de « musée » que l’on visiterait, certes d’abord avec plaisir… mais où l’on tournerait vite en rond… pour finir agonisant au milieu de fossiles. C’est pour cette raison qu’il faut donner leur chance aux jeunes créateurs, leur ménager un espace de lumière. Le compositeur et chef d’orchestre Raoul Lay, directeur de l’ensemble Télémaque et du PIC (Pôle Instrumental Contemporain à l’Estaque) le réalise, en particulier dans sa collaboration avec la Casa Velazquez (l’équivalent à Madrid de la Villa Medicis romaine) où il a ses entrées depuis plusieurs années. Deux compositeurs sud-américains étaient au programme du concert donné au PIC le 3 novembre ; deux opus de Victor Ibarra (…à l’obscure profondeur…) et Januebe Teleja de Miranda (Cortège) qui ont été joués avec brio par Charlotte Campana (flûte), Linda Amrani (clarinette), Guillaume Rabier (violoncelle), Solange Baron (accordéon) et Christian Bini (percussions). Leur musique, étrange, dissonante, a accompagné, sous la forme – très prisée actuellement – d’un ciné-concert, les images d’un film du Catalan Albert Merino. Ou plus exactement il faut penser inversement, puisque – fait assez rare – c’est l’écoute musicale qui a inspiré le vidéaste. Du coup, il est intéressant de constater comment leur univers sonore, contemporain, a suscité des allégories fantasmagoriques, généré des figures humaines, siamoises, tirant vers l’animal, un climat fantastique, angoissant, jouxtant parfois la palette de Bacon ou l’esprit dada…

Pour le même dispositif instrumental, Raoul Lay avait également commandé deux œuvres à des compositeurs du « crû », sorti des classes du C.N.R.R. de Marseille. Opus contrastés ! Le premier du Français Mathis Porrachia (L’amour au corps) traduit en musique, au-delà des mots de Lucien Rebatet (dont il s’inspire !), le frémissement du sentiment amoureux, le tournoiement de la passion… Le second du Japonais Testuro Yamamoto (Temps de chèvre) développe un échéancier de sons fins, doux, tendant vers l’infinitésimal, étirant le temps… celui d’un voyage en train, lorsque les paysages défilent et changent peu à peu… A chacun son monde !

JACQUES FRESCHEL
Novembre 2015

Concert « Jeunes compositeurs du monde » donné au PIC le 3 novembre

Photo J.F


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