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Rencontre avec Philippe Apeloig à la Cité du Livre d'Aix-en-Provence

Création graphique

• 19 octobre 2013 •
Rencontre avec Philippe Apeloig à la Cité du Livre d'Aix-en-Provence - Zibeline

Les Écritures Croisées sont indissociables de leurs affiches, Annie Terrier souligne leur caractère essentiel : «Lorsque l’affiche est conçue, la fête peut commencer !». Depuis 1997, Philippe Apeloig est le compagnon fidèle de la fête par ses affiches. Il a eu la gentillesse d’en évoquer la conception. Toutes ont derrière elles des histoires. Le dessin est nourri des rencontres, des lectures, de toute cette «tension littéraire». À la nostalgie des affiches, il préfère présenter l’envers, les esquisses, les préparations, dans un parcours à rebours passionnant. On est invité à remonter le temps, à partir de la dernière affiche De la Baltique à la Méditerranée, où le titre réduit à deux mots compose la périphérie, tandis que la plasticité du cœur de l’affiche se fonde des feuilles roulées et pliées dont la tranche est scannée. Le mouvement d’entrelacement entre lettres et motifs toujours dynamique tâtonne, alors que d’emblée le bleu profond s’impose. Chaque affiche est alors décortiquée, analysée, on gardera quelques exemples : pour Les Bruits du Monde, avec des écrivains qui défendent un monde alternatif, les lettres deviennent des impacts de balles, accordant une dimension sonore ; les lettres irriguent l’affiche et s’inspirent de l’art aztèque lorsqu’il s’agit de Fuentes. Rien n’est jamais laissé au hasard, jusqu’aux franges des tissages de l’affiche sur Wole Soyinka ou l’épure de celle de Kenzaburô Oé et tant d’autres. Le graphiste part toujours d’une réflexion sur les œuvres des invités mais aussi des raisons qui ont poussé à leur présence. À la question sur la difficulté de travailler sur commande, l’artiste oppose l’enrichissement fabuleux d’être confronté au dissemblable et à la contrainte. Lorsqu’on lui demande quels outils de travail il préfère, il évoque la multiplicité des possibilités que ce soit avec l’ordinateur ou le papier, le virtuel ou les crayons, «l’essentiel se passe dans la tête, l’ordinateur n’est qu’un crayon». «L’outil le plus sophistiqué sans la pensée ne sert à rien.» Il souligne cependant les transformations que nous sommes en train de vivre : «La nature a inventé l’empreinte et les hommes en ont fait leur mémoire. Avec l’informatique, il n’y a plus d’empreinte, c’est une grande mutation !». On retrouvera cet artiste dans une grande exposition qui lui est consacrée à Paris aux Arts Décoratifs du 21 novembre au 30 mars 2014. Et l’an prochain pour la future édition des Écritures Croisées ? Philippe Apeloig a adopté le culte du secret d’Annie Terrier, le dévoilement devra attendre !

MARYVONNE COLOMBANI
Novembre 2013

Photo : Philippe-Apeloig-c-Maryvonne-Colombani

La rencontre a eu lieu le 19 octobre à la Cité du Livre, Aix-en-Provence


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