Compétition de courts-métrages pour la 42e édition de Cinemed

Courts à CinemedVu par Zibeline

Compétition de courts-métrages pour la 42e édition de Cinemed - Zibeline

À Cinemed, à côté des compétitions des longs-métrages de fiction et des documentaires, a lieu une compétition de courts-métrages. L’occasion en quelques séances de faire le tour de la Méditerranée, de Croatie jusqu’en Palestine, de la Tunisie à l’Espagne, en passant par Israël, le Portugal, l’Italie ou la Turquie. La chance de découvrir des esthétiques, des thématiques, des univers différents. Cette année, 21 films étaient sélectionnés, répartis en 4 programmes. 

Dans Je dis ça, je dis rien de la Croate Sanja Milardovic, nous partons en repérages pour un tournage en compagnie de Zrinka, dans sa ville natale. Elle y rejoint sa mère dont elle trouve le comportement étrange. L’emmenant avec elle sur les lieux qu’elle photographie, elle va lui donner l’occasion de sortir de son état dépressif. Un film touchant et bien interprété par Olivera Baljak et  Iva Simic.

De Bastien Dubois, on avait apprécié le superbe Madagascar, carnet de voyage en 2009. Cette année, c’est Souvenir, souvenir, un film très personnel évoquant la relation entre le réalisateur et son grand-père qui, au sein de l’armée française a participé à la Guerre d’Algérie mais refuse d’aborder le sujet. Comprenant qu’il ne parviendra pas à le faire parler, il décide de faire le « making of d’un film qu’[il n’a] jamais réussi à faire. » Avec des techniques d’animation diverses, une palette chromatique très riche et très variée, une voix off, la sienne, qui fait part de ses recherches, de ses doutes, de ses échecs, Bastien Dubois nous offre un film singulier permettant de parler d’un sujet encore trop souvent tabou. 

Autre film d’animation très réussi, Le Crime particulier de l’étrange Monsieur Jacinthe que Bruno Caetano a coécrit avec Manuel Ruas Moreira, réalisé en volume et stop motion. Des personnages au look naïf évoluent dans les rues de Lisbonne où les plantes sont interdites. Mais monsieur Jacinthe résiste. Une fable écologique aux décors très soignés.  

Dans le deuxième court-métrage de l’actrice et réalisatrice tunisienne Anissa Daoud, un jeune père, Imed (Mohamed Dahech) se retrouve pour quelques jours et pour la première fois seul avec son fils de 5 ans. Il va devoir affronter d’anciennes peurs et des traumatismes d’enfance. Un film qui explore le rapport paternel charnel et interroge le regard du spectateur. 

On connait la passion de bon nombre de jeunes garçons pour le foot. Et Firas Khoury n’y a pas échappé. Inspiré par ses souvenirs d’enfance en Galilée, il campe deux jeunes garçons palestiniens prêts à tout pour trouver le dernier autocollant manquant de leur album de Coupe du monde 1990 : les jambes de Maradona. S’ils réussissent, ils gagneront un ordinateur Atari. « Dans mes films, je discute de la situation de la communauté palestinienne à l’intérieur d’Israël. Les Jambes de Maradona se déroule à l’époque où a eu lieu le premier soulèvement palestinien et est enveloppé dans une histoire de passage à l’âge adulte, vue à travers les yeux innocents de deux petits garçons. » Ce film multi primé a séduit les jurys puisqu’il a obtenu à CINEMED trois prix : le Prix du public, le Prix Jeune public ainsi que le Prix Canal+.

C’est au  film israélien Ça nous fait une belle jambe d’Adi Mishnayot que le Jury, composé de la monteuse Céline Kélépikis, de la productrice Dominique Welinski et du réalisateur Benoît Grimalt, a attribué son Grand prix.

ANNIE GAVA
Novembre 2020

La 42e édition de Cinemed s’est tenue du 16 au 24 octobre.

Photo : Les Jambes de Maradona © schaf oder scharf film, Odeh Films