Ta Farda (Until tomorrow) d’Ali Asgari, en compétition dans la section Panorama à la 72e Berlinale

Course contre la montreVu par Zibeline

 Ta Farda (Until tomorrow)  d’Ali Asgari, en compétition dans la section Panorama à la 72e Berlinale - Zibeline

Fereshteh, jeune étudiante, élève seule sa petite fille et vit en colocation à Téhéran, partageant son temps entre son bébé, son travail et ses études. Quand ses parents qui ignorent sa situation de mère célibataire annoncent une visite impromptue, il reste quelques heures à la jeune femme pour confier son bébé pour une nuit et faire disparaître de l’appartement toute trace de son existence, poussette, couches en stock, vêtements… Commence alors une course effrénée pour trouver une solution. Une voisine à qui elle a raconté une histoire de désinfection de l’appartement se rétracte et risque de la dénoncer, une copine, avocate qui avait accepté vient d’être arrêtée. Dans une société où règnent la surveillance et la suspicion, tout appel à l’aide est risqué.

Heureusement Fereshteh peut compter sur son amie Atefeh, une étudiante à la coupe punky sous son hijab, qui l’accompagne dans ce parcours haletant dans la ville. À pied, en taxi jaune et même à quatre sur la moto de Yaser, qui avait refusé d’assumer la paternité et avait demandé à Fereshteh d’avorter. La caméra de Rouzbeh Raiga ne lâche pas les jeunes femmes, les suivant partout, sur les coursives des immeubles, dans les rues de Téhéran, dans l’hôpital où elles pensaient avoir trouvé une solution et d’où elles doivent filer à l’anglaise. Les avenues de la ville, les trottoirs où les deux amies, épuisées, s’assoient pour souffler un peu, à la nuit tombée, sont superbement filmés. 

Ta Farda (Until tomorrow), thriller qui nous tient en haleine jusqu’au bout, met en évidence les difficultés des femmes iraniennes à pouvoir assumer pleinement leurs choix de vie mais aussi leur énergie à vouloir le faire. Sadaf Asgari (Fereshteh) et Ghazal Shojaei (Atefeh) expriment avec beaucoup de force la détermination, l’espoir ou l’angoisse au fil des heures et contribuent à la réussite du 2e long métrage du cinéaste iranien Ali Asgari.

ANNIE GAVA
Février 2022

Photo : Ta Farda (Until tomorrow), d’Ali Asgari © Silk Road Productions