Nadav Lapid plaide avec Le Genou d’Ahed pour l’insoumission

Courber l’échineVu par Zibeline

Nadav Lapid plaide avec Le Genou d’Ahed pour l’insoumission - Zibeline

Nadav Lapid ne décolère pas. Son dernier long-métrage, prix du Jury au festival de Cannes, est fort de ce sain sentiment de révolte. On y rencontre Y, un cinéaste alter ego campé avec conviction par Avshalom Pollak. Fort d’un succès certain en Israël mais aussi et surtout par-delà ses frontières, Y bute sur son prochain long-métrage, dédié à la militante palestinienne Ahed Tamimi. Il perd peu à peu pied face au cancer foudroyant de sa mère – celle de Nadav Lapid, monteuse de ses films, est quant à elle décédée en 2018. Le cinéaste, en pleine crise existentielle décide de se rendre à une projection de son précédent film à Sapir, petit village perdu dans le désert de l’Arava. On lui propose, de même qu’on l’avait imposé à Lapid lui-même de signer un formulaire l’engageant à n’aborder aucun des sujets qui fâchent. Cette censure insupportable est ici formulée par une jeune cadre du ministère de la culture : Yahalom a la voix et les traits redoutablement doux de Nur Fibak. Peu dupe de ces manœuvres, la jeune femme n’en est pas moins contrainte à les appliquer. Tendu, suffocant, Le Genou d’Ahed interroge d’autant plus que la violence se niche constamment dans des recoins inattendus. Le désespoir qui sourd sous la colère, terriblement malaimable, n’en est que plus désarmant.

SUZANNE CANESSA
Septembre 2021

Nadav Lapid, Le Genou d’Ahed, 1h49
Sortie le 15 septembre