Amours salvatrices par le Duo Darius Milhaud et Alain Carré, dans le cadre du Festival Durance Luberon

Contez-nous des histoires !Vu par Zibeline

• 12 août 2015 •
Amours salvatrices par le Duo Darius Milhaud et Alain Carré, dans le cadre du Festival Durance Luberon - Zibeline

Poursuivant son périple par les villages situés de part et d’autre de la Durance, le Festival Durance Luberon a retrouvé l’espace du Château Paradis (dirigé avec amour par Xavier et Odile Thieblin), ses crûs primés (dans la prestigieuse et convoitée sélection Robert Parker entre autres) et sa volonté de contribuer au paysage culturel de la région. Un trio de rêve, composé du récitant Alain Carré et du duo Darius Milhaud, posait des mots sur les notes et des notes sur les mots, pour deux œuvres qui appartiennent à la fois au grand répertoire musical et à la littérature : Peer Gynt, d’Edvard Grieg d’après le drame poético-philosophique d’Ibsen et Roméo et Juliette, qui renvoie à Shakespeare, Tchaïkovski, Prokofiev, Gounod, Berlioz (que l’on aurait aimé entendre à cette occasion)… Il ne fallait donc pas trop prendre au sérieux le « s » sanglant du titre de la soirée, Amours fatales, ni le fatal pour une totalité. Certes, Roméo et Juliette s’inscrit dans la grande lignée des amours tragiques, mais Peer Gynt narre davantage la quête de soi plus que des amours contrariées, même si la chanson de la douce Solveig emplit Peer Gynt de nostalgie. Les partitions d’orchestre réduites en version piano à quatre mains pour Peer Gynt, ou deux pianos pour Roméo et Juliette étaient interprétées avec une justesse et une délicieuse complicité par Anaït et Arminé Sogomonian (le Duo Darius Milhaud), tandis que les textes remarquablement réécrits, étaient portés avec intelligence et humour par Alain Carré, dont la voix grave sait jusque dans les pianissimi garder une belle et sensible intensité. Si la première partie du spectacle (Peer Gynt) était irréprochable, les choix des passages musicaux de la deuxième semblent un peu étranges ; situer la Danse des Chevaliers après la mort de Tybalt peut se considérer comme un contre temps, mais insérer la Méditation de Thaïs de Massenet, ou un extrait de la Traviata, et terminer par le grand air de Carmen et son amour enfant de bohème, à propos de nos adolescents de Vérone, laisse perplexe. Mais, ne boudons pas notre plaisir, il s’agissait d’une première mouture de ce spectacle tout neuf, qui offre à entendre, sans lourdeur aucune, des œuvres qui nourrissent notre imaginaire.

MARYVONNE COLOMBANI
Août 2015

Lecture-concert le 12 août au Château Paradis (Puy Sainte-Réparade), dans le cadre du Festival Durance Luberon. (du 8 au 23 août)

Photo © MyCL