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Vu par Zibeline

La conteuse Dominique Rousseau régale le jeune public avec ses Contes arctiques

Contes arctiques

La conteuse Dominique Rousseau régale le jeune public avec ses Contes arctiques - Zibeline

La conteuse Dominique Rousseau devait raconter l’histoire d’Uinigumasuituk, jeune femme inuit qui ne voulait pas se marier et devint déesse des eaux. Mais, surprise ! En lieu et place de ce mythe, elle a donné trois courts récits à ses jeunes auditeurs, confortablement installés dans le Petit Théâtre de La Criée, fraîchement réouvert après travaux, et rempli jusqu’en haut des gradins. La dispute de Tirigagnok le renard blanc, qui voit dans l’obscurité et peut chasser dans la nuit polaire, avec son compère le corbeau, lequel préfère le jour, car il se fait mal aux pattes en atterrissant sur la banquise dans le noir. Les deux animaux vivent « au début du monde, les mots sont encore magiques », souffle la conteuse, tandis que la nuit et le jour clignotent dans les têtes enfantines, au rythme vif du dialogue entre les deux protagonistes.

La contrebasse de l’artiste grince, résonne et craque comme les blocs de glace qui s’entrechoquent sous l’effet du dégel au printemps. Un kayak se transforme en oiseau et vole au-dessus des eaux. Des grands-mères très sportives chassent la baleine. On apprend au passage bien des choses utiles à la vie en zone arctique : pour avoir des chaussettes en peau de lapin bien chaudes, il vaut mieux mettre la fourrure à l’intérieur. Celle du loup borde les capuches, car c’est la seule qui ne gèle pas. Les tendons de caribou sont utilisés pour coudre les kamiks (bottes polaires), car ils gonflent avec l’humidité et colmatent les trous d’aiguilles.

Troisième histoire : un chasseur s’endort en attendant que le phoque pointe son nez pour respirer dans une anfractuosité de la glace. L’ourse survient, le tire dans sa tanière, et s’endort. La contrebasse vibre, mimant le gros ronflement de la maman, les petits grognements des oursons, les pas précautionneux du héros qui cherche à s’esquiver discrètement… Tout le monde soupire, suspendu à ses cordes, et aux lèvres de la narratrice.

GAËLLE CLOAREC
Décembre 2018

Inuk a été donné le 9 décembre à La Criée, Marseille

Photo : Renard polaire-CC0


La Criée
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