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Vu par Zibeline

 Homo ça coince… par le collectif Manifeste Rien

Conte de gay

• 23 mai 2019⇒24 mai 2019, 28 mai 2019⇒30 mai 2019 •
 Homo ça coince… par le collectif Manifeste Rien - Zibeline

Un homo sans nom, blanc de peau comme de vêtements, maniéré et amateur de Dalida. Betty, transgenre argentine et ancienne prostituée. Albert, à l’accent chti, pilier de comptoir et violent. C’est en grossissant volontairement le trait que le collectif Manifeste Rien a imaginé les personnages de sa dernière création Homo ça coince... Ce qui peut s’entendre dans une société dont la tendance est à la caricature et où s’expriment encore, souvent avec violence, le rejet des personnes LGBT.

Pour donner vie à toute une galerie de portraits, un acteur, seul en scène et prodigieux : Olivier Boudrand. Il en fait parfois des tonnes, mais la qualité de son jeu parvient à poser avec finesse les questions essentielles à la déconstruction des normes sociales.

Préoccupation connexe, le droit à la ville et l’occupation de l’espace public. Grâce au socio-anthropologue Laurent Gaissad qui a contribué à l’écriture de la pièce avec le metteur en scène Jeremy Beschon, on découvre comment Marseille, dans les années 90, aseptise la place Sébastopol, faisant disparaître un lieu de drague populaire de la communauté gay dans le centre-ville. Car « il faut nettoyer la ville des indésirables ». Pourtant, même ce père macho, qui n’a pas touché sa femme depuis un an, aimait y promener le chien…

Dépénalisée en 1982 en France, l’homosexualité ne sera supprimée de la liste des maladies mentales par l’OMS qu’en 1993. Cela n’empêche pas de brûler vif un jeune homme au Parc Borély, toujours à Marseille. De torturer, voire de tuer impunément des gays en Tchétchénie ou que certains (in)dignitaires religieux promeuvent des thérapies de conversion. En revanche, « la tapette créative, on adore », rappelle Betty dont Albert est tombé amoureux. Il y a donc de l’espoir.

Le mariage pour tous, une avancée ? Mieux vaudrait « lutter contre le capitalisme que pour ses fesses ». Si Homo ça coince… aborde la question du genre et de l’orientation sexuelle en alignant en apparence les clichés, ne serait-ce pas pour mieux souligner les ravages de l’inconscient hétéronormé ?

LUDOVIC TOMAS
Juin 2019

Homo ça coince… a été joué les 23 et 24 mai au Théâtre Liberté à Toulon et du 28 au 30 mai au Théâtre de l’Œuvre à Marseille

Photo : -c- Manifeste Rien


Théâtre Liberté
Grand Hôtel
Place de la Liberté
83000 Toulon
04 98 00 56 76
www.theatre-liberte.fr