Récital d’Emmanuel Arakélian à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume

Conjugaison des soufflesVu par Zibeline

Récital d’Emmanuel Arakélian à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume - Zibeline

Le tout jeune festival Harmonies d’orgue de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume débutait par un récital d’Emmanuel Arakélian, organiste titulaire « par quartier » des Grandes-Orgues de la basilique Sainte-Marie-Madeleine de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume. Ce jeune musicien, moult fois récompensé par des prix prestigieux, (il a même été le septième « Young Artist in Residence » de la Cathédrale de la Nouvelle-Orléans en Louisiane), est professeur au Conservatoire à Rayonnement Régional de Marseille.

Il offrait le 8 août un concert somptueux qui permettait d’entendre toutes les possibilités de jeux des Grandes-Orgues, depuis les notes flûtées aux tonnerres que les voûtes de la basilique semblent ne pouvoir contenir, les capacités multiples de l’instrument arpentent l’instrumentarium d’un orchestre, passent de la fragilité à la puissance, sculptent les détails puis les emportent dans un souffle… La beauté de l’interprétation du musicien tient à cette faculté de jongler avec aisance entre tous ces univers. La Béatitude de Charles Piroye (1665-1724) précédait la Suite du Deuxième ton (plein-jeu, tierce en taille, duo, basse de trompette, trio de flûte, dialogue) dont les mélodies répondaient au plain-chant interprété avec élégance par l’Abbé Pierre Pommeret que l’on réentendait dans le Veni Creator de Nicolas de Grigny (1672-1703) dans un dialogue où l’homme converse avec ce qui le dépasse en une confrontation où l’infini et le minuscule trouvent une harmonie. Le final résonne ici comme une fête. Entre ces deux pièces le Capricio du contemporain Régis Campo (né en 1968) décline ses volutes s’inscrivant la filiation baroque tout en ajoutant un flamboiement nouveau tandis que la Pièce d’orgue en sol majeur de Jean-Sebastian Bach déployait ses accords ciselés.

Entre l’architecture et la musique se tissent d’invisibles résonances, comme si, indissociables, elles se spiritualisaient l’une l’autre. Le brio des interprètes y est aussi pour beaucoup !

MARYVONNE COLOMBANI

Août 2021
concert donné le 8 août dans le cadre du festival Harmonies d’orgue, Saint-Maximin-la-Sainte-Baume

Photographie © DR