Le CALMS célèbre les Femmes d'Espagne et soutient Le Relais des possibles

Concert et solidaritéVu par Zibeline

Le CALMS célèbre les Femmes d'Espagne et soutient Le Relais des possibles - Zibeline

Le CALMS (Collectif des Artistes Lyriques & Musiciens pour la solidarité) présentait dans la salle de spectacle de la Maison des Arts de Cabriès le 2e concert de sa saison solidaire qui « chaque mois lie une lutte et une association », ainsi que le rappelait en introduction Mikhael Piccone, fondateur du collectif aux côtés de Lucas Lombardo. Ce soir-là, le spectacle était donné au profit de la lutte contre les violences faites aux femmes et de l’association Le relais des possibles à Aix. Le programme consacré aux Femmes d’Espagne était superbement porté par la soprano Eleonora Devèze et la mezzo-soprano Laura Giuseppi accompagnées par le piano de Valérie Florac dont la précision et l’élégance du jeu suivaient avec intelligence les expressions des chants. Les deux cantatrices alternant leurs venues nous entraînaient avec une subtile espièglerie dans le chant espagnol. Quatre pièces extraites du cycle des Siete Canciones populares Espagnolas de Manuel De Falla rendent l’esprit du chant populaire tout en restant d’une facture savante et lyrique, vivacité d’El paño moruno (le drap mauresque), de Canciόn, de la Jota (danse populaire espagnole) et sa brillante ritournelle, douceur de la berceuse Nana (Ma petite). Actrices autant que chanteuses, les deux brillantes interprètes se glissent avec aisance dans tous les registres et formes musicales : opéra avec Bizet (Habanera de Carmen) ou José de Nebra (Aria des trompas d’Iphigenia en Tracia) ; baroque et son expressivité que ce soit dans Sé que me muero de Lully, livré avec tout le décalage qui se doit puisque au cœur du Bourgeois Gentilhomme de Molière, ou le spirituel Ay que si, Ay que no de Juan Hidalgo… On part en Argentine grâce à Guastavino ou Gardel, on suit Rossini dans sa Canzonetta spagnuola, on poétise avec Saint-Saëns et son duo El desdichado… Bissées après Besame mucho (Velasquez) repris en chœur par un public conquis, elles offrent un Quizás, quizás, quizás (Osvaldo Farrès) plébiscité par une salle en verve. Un seul bémol, si les interprètes étaient féminines, les compositeurs étaient sans exception masculins…

MARYVONNE COLOMBANI
Octobre 2019

Concert donné le 11 octobre à la Maison des arts, Cabriès

Photo © Jean Gomez – BDPC