La Révolution Française n'est pas morte : Pierre Serna et Michel Vovelle au Mémorial de la Marseillaise

Comment naissent les révolutionsVu par Zibeline

La Révolution Française n'est pas morte : Pierre Serna et Michel Vovelle au Mémorial de la Marseillaise - Zibeline

Pierre Serna et Michel Vovelle n’ont après tout «qu’un an de retard sur l’horaire initial», puisque leur intervention prévue en avril 2012 au Lycée Saint-Exupéry avait été reportée… en raison d’un fait divers sanglant dans le quartier, bouclé par la Préfecture. Les deux brillants universitaires se succèdent au micro, dans ce qui ressemble fort à une joute amicale commencée lorsqu’ils étaient encore maître et disciple. Un jeu que les historiens affectionnent, celui des étiquettes : des différents épisodes insurrectionnels que le monde a connus depuis le XVIIe siècle, lesquels sont une révolte, une émeute, une simple guerre d’indépendance ? On pardonnera aisément à Michel Vovelle sa petite pointe d’orgueil lorsqu’il place notre Révolution nationale dans la catégorie hors concours, d’autant qu’il accorde avec humour aux mouvements arabes contemporains un accessit : «Nous pouvons donner à ces révolutions actuelles, dans l’état où elles sont, parfois désespérant, du temps. Somme toute, 2 ans après le début de la nôtre, en 1791, après la tentative d’évasion manquée du roi, on le rétablit dans ses prérogatives.»
Du temps, c’est aussi ce que réclame un membre du public lorsqu’il prend la parole : «Je suis professeur d’histoire dans le secondaire, et je crois que le gouvernement a peur des révolutions. La Révolution Française est reléguée à la fin du programme, on ne parle plus de la Commune, la révolution russe n’est traitée qu’à partir de Staline, et on veut nous faire enseigner la «morale laïque» à la place, pourquoi ? Pour rendre nos élèves gentils ?»
Que voilà une bonne question à poser, avec à l’arrière plan les vertigineux enjeux d’une nécessaire culture historique en matière d’éveil de l’esprit critique ! Pierre Serna le confirme : «Un processus révolutionnaire ne naît que si les gens descendent dans la rue, prêts à en découdre. Et pour cela il faut qu’ils aient l’impression que le réel peut changer.»

GAËLLE CLOAREC
Juin 2013

Photo : Pierre Serna et Michel Vovelle (c) Gaëlle Cloarec

La conférence-débat de Pierre Serna et Michel Vovelle a eu lieu le 6 juin au Mémorial de la Marseillaise, Marseille

À lire :
Pour quoi faire la révolution
Agone, 15 €

Lire aussi notre retour sur une conférence précédente de Michel Vovelle intitulée L’an II des Révolutions : France 1793, Monde arabe 2013.