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Vu par Zibeline

Déshabiller nos solitudes de Rozenn Guilcher : une galerie de portraits d’une poignante et poétique émotion

Comme un soleil dans les nuages…

 Déshabiller nos solitudes de Rozenn Guilcher : une galerie de portraits d’une poignante et poétique émotion - Zibeline

Une voix à la musique très particulière résonne en nous pendant notre lecture des nouvelles de Rozenn Guilcher, qui semble nous parler à l’oreille sur le mode de la confidence, avec douceur ou colère. Un monde alors surgit, peuplé d’animaux fragiles, de forêts et d’immensités marines. Un monde qui parle de l’absence, de l’abandon dans lequel se mélangent, se répondent des voix différentes qui sont autant d’échos, où le « je » n’est jamais le même. Les voix d’un enfant, d’une mère, d’un père ou d’une personne aimée alternent sans que soit indiqué le passage de l’une à l’autre. Le lecteur hésite, relit, puis se laisse porter. Les silences aussi sont importants, et les regards, les regards sur le ciel et le soleil. En filigrane se dessinent des portraits d’exclus, de réfugiés qui tentent de survivre avec leurs pauvres mots. Comme ceux de la petite roumaine Adela dont le seul avenir est la prostitution pour nourrir sa famille, ou ceux de l’aïeule dont le fils veut vendre la maison… Autant de scènes souvent poignantes à l’émotion contenue comme dans la remarquable nouvelle, Le cinquième homme, qui évoque des tentatives de relations amoureuses par SMS interposés. La lecture de ces nouvelles est un voyage au cœur des mots, « lav(és) de la grisaille du temps », à la lisière de la poésie.

CHRIS BOURGUE
Janvier 2017

Rozenn Guilcher était en résidence à La Marelle, Maison des écrivains et de la littérature (Marseille) au printemps 2016

Déshabiller nos solitudesRozenn Guilcher
Sulliver, 15 €