Magnifique Come il bianco d'Alessandra Celesia au FIDMarseille

Comme le blancVu par Zibeline

Magnifique Come il bianco d'Alessandra Celesia au FIDMarseille - Zibeline

« Comme le blanc doré de Corot, comme le blanc enchanté de Poussin… » Comme le blanc de la lumière sur la mer. Comme le blanc des vapeurs des pentes volcaniques que parcourt inlassablement une femme à la chevelure dorée…

Come il bianco, le dernier film d’Alessandra Celesia en compétition au FIDMarseille, est d’une fulgurante beauté et d’une grande sensualité. Procédant par touches, tout comme Adriana Pignatelli Mangoni, la peintre poète, la cinéaste mêle mots et sons, visages et couleurs, pour nous faire ressentir le travail de deuil de cette femme qui a perdu sa fille. Une fille qui a vécu une vie merveilleuse, courte mais pleine, lui a-t-elle dit avant de mourir, lui demandant de ne pas pleurer.

« Tu me manques furieusement… Le besoin impérieux de te raconter, de te voir, de t’étreindre dans la chaleur volcanique de ta beauté. Le besoin du chant de ta voix. Le besoin de ton image. » Elle ne pleure pas. Elle a écrit. Chaque jour. Des lettres poèmes dont les mots entrent en écho avec les chants. Le Sto core mio d’Orlando di Lasso ou le Stabat Mater de Pergolèse, chanté par une jeune femme (Aurélie de Solere). Cette femme qui capture le son grondant du volcan, suivant Adriana sur les pentes, ou chante dans un chœur, qui est-elle ? L’incarnation de la défunte ? Adriana jeune ? Peu importe. Par le jeu subtil du montage, les visages se superposent, le présent et le passé se mélangent. « J’ai toujours trouvé sur la clarté de tes lèvres des traces génétiques et l’énergie solaire et des feux volcaniques enfouis au fond des océans. »

Qu’on soit devant des tableaux au musée, devant les toiles aux couleurs de terre volcanique que peint ou retouche Adriana, sur une barque au milieu de l’eau dans la lumière blanche scintillante, ou dans les profondeurs marines, Alessandra Celesia a su nous faire partager l’émotion de cette mère et de son deuil impossible.

ANNIE GAVA
Juillet 2020

Come il bianco est présenté en compétition internationale au 31e FIDMarseille

Photo © local films