Retour sur la 18ème édition du Festival de Musiques Sacrées, à l'Eglise St-Michel de Marseille

Colonnes phocéennesVu par Zibeline

Retour sur la 18ème édition du  Festival de Musiques Sacrées, à l'Eglise St-Michel de Marseille - Zibeline

Depuis quelques années, le Chœur et l’Orchestre de l’Opéra de Marseille sont les piliers du Festival de Musique Sacrée qui s’est tenu, pour sa 18e édition, à l’église St-Michel. Le 17 mai, après le discours d’autosatisfaction de M. le Maire et les traditionnels remerciements à Mme Imbert, adjointe déléguée à la musique municipale, c’est Rossini qu’on a entendu dans la nef : un péché de vieillesse du musicien d’opéra qui n’en oublie pas la verve, ni le bel canto, malgré le latin d’usage, à l’image du Dona nobis pacem concluant sa Petite Messe solennelle dans un clair-obscur favorable à l’alto profond de Sara Mingardo. Pour sa version orchestrale, moins originale que… l’original, pour pianos et harmonium, la mise en place, l’équilibre des pupitres instrumentaux et vocaux sont plus délicats à gérer, en particulier dans une acoustique n’affectionnant guère les philharmoniques volumineux. À ce jeu, Paolo Arrivabeni s’en est bien tiré : un chef à l’écoute des voix, comme celle du ténor Kenneth Tarver, souriant, captivant le regard… D’un mouvement souple, le maestro a dessiné les «sujets» fugués, placé en exergue leur attaque aux quatre pupitres scindant une cinquantaine d’habiles chanteurs… qui n’ont cependant pas évité l’écueil d’un chœur «a cappella» et quelques dissonances improbables !

Sacré Dvorak !

Une douzaine de jours après, on retrouve l’Orchestre Philharmonique de Marseille, mais cette fois au service d’un chœur (près de 80 participants) aux belles qualités, malgré un recrutement «amateur» : le Chœur Régional PACA. C’est au prix d’un travail approfondi et constant, sur les pôles d’Aix et Nice, qu’on profite, en bout de tâche, de belles œuvres, comme celles proposées au programme du 29 mai : Dvorak et son Te Deum flamboyant, sonnant comme une volée de cloches, un Psaume en tchèque déroulant une sorte de récitatif choral d’une grande originalité, preuve aussi d’un beau labeur accompli en coulisse, et une formidable Messe imposant son ré majeur à grand renfort de pathos. Un Gloria héroïque, un Amen claironnant, Benedictus caressant ou Miserere implorant, furent conduits par Michel Piquemal avec plus de pompe qu’il n’en faut, et dont le geste n’a pas toujours contribué à contenir quelques surplus orchestraux. Et c’est encore un ténor, une fois n’est pas coutume, qui se distingue par sa belle pâte vocale : Avi Klemberg.

JACQUES FRESCHEL

Juin 2013

Eglise Saint-Michel
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