Vu par Zibeline

Retour sur la 6e édition d'Un Max’ de Poésie et des 20 ans des éditions Plaine Page

Collectionneurs de mots

• 28 février 2014 •
Retour sur la 6e édition d'Un Max’ de Poésie et des 20 ans des éditions Plaine Page - Zibeline

Les éditions Plaine Page et la ZIP de Barjols ne cessent de nous surprendre par leur inventivité, leur capacité à enchanter le réel. Sans cesse le regard transforme la réalité, ou plutôt lui accorde une lecture qui l’apprivoise. La sixième édition d’un Max’ de Poésie de Saint-Maximin se doublait cette année d’un anniversaire : les vingt ans de Plaine Page. «20 ans de poésies durables», précisait le titre… annonciateur d’une exposition loufoque et délicieuse, Naviguons de conserve. Pour 70 artistes qui se sont pris au jeu, il s’agissait de produire une œuvre à partir de boîte(s) de conserve, pas celles des sardines, la forme était imposée : celle des grosses boîtes rondes que vous retrouvez dans tous les placards de cuisine. Quelle virtuosité parfois, quelle ingéniosité souvent, quel humour toujours n’ont pas présidé à cette fête ! Boîte vocale, boîte prison, boîte monde, boîte à rouages, boîte piscine, boîte entrepôt… impossible de tout citer ! D’ailleurs, un charmant catalogue rassemble ces œuvres en relief ou en deux dimensions. Parfait pour conserver le moral même les jours de pluie en se remémorant la performance de Miquéu Montanaro, son galoubet souple et ses conserves percussives. Autre point fort des festivités, le collectif bicéphale Los Muchos, composé de Benjamin Charles et Carole Lataste.Los-muchos-en-dédicace-à-deux-balles-©-Maryvonne-Colombani Entre autres qualifications, le premier est spécialiste en mises en son, la seconde, en «poétologie comparée»… ces deux performeurs, plasticiens des mots, ont permis à des enfants, au cours de leur résidence du 25 février au 1er mars, de participer à leur «collectage» de mots en vue d’un petit spectacle ludique donné le soir de l’inauguration de l’exposition. Avec eux, les mots se collectent, se happent, se captent, auprès des personnes les plus diverses. Cela donne une matière hétéroclite brute que ces artistes atypiques ne reprennent pas au sens littéraire : aucun terme n’est changé, mais les phrases, les bribes, les exclamations sont agencées, juxtaposées, recomposées en un montage qui leur accorde un sens autre ou une mise en relief étonnante. L’écriture elle-même devient scénographique dans un esprit cabaret. Le fait d’extraire la parole quotidienne la transmute en œuvre. En ce sens, est reconnue la valeur de chacun, de l’autre. Le geste artistique consiste ici à rendre spectaculaire la parole brute. Les dédicaces deviennent elles aussi performance «à deux balles ! Pile un dessin, face une chanson !». L’existence est de la poésie vécue !

MARYVONNE COLOMBANI
Mars 2014

Un Max’ de Poésie a eu lieu le 28 février à La Croisée des arts de Saint-Maximin


La Croisée des arts
Pôle Culturel Provence Verte
Place Malherbe
83470 Saint-Maximin la Sainte-Baume
04 94 86 18 90
www.var.fr