Le théâtre antique d'Orange a fait le plein pour la première de Nabucco

Chorégies : grandeur et démesureVu par Zibeline

• 9 juillet 2014 •
Le théâtre antique d'Orange a fait le plein pour la première de Nabucco - Zibeline

Le public a répondu présent à l’appel de Verdi pour la première de Nabucco à Orange. Le théâtre est bondé… On se serre sur les gradins romains, car la soirée s’annonce frisquette : le mistral souffle dans les dos et l’été festivalier en a pris un coup au thermomètre. Qu’importe cependant, on est là pour les fastes populaires des Chorégies vauclusiennes, ses grands chanteurs… à la (dé)mesure du lieu !

On est toujours ébahi de voir le miracle s’accomplir, d’entendre des voix exceptionnelles passer au delà d’un rempart symphonique placé, à découvert, sur l’antique « orchestra », comme c’est le cas, le 9 juillet, malgré 90 musiciens venus de Montpellier et dirigés par le maestro Pinchas Steinberg ! Faut-il le rappeler ? Ils ne sont pas nombreux à pouvoir se faire entendre par un mur de 8000 personnes… jusqu’au dernier rang !

Le trio vocal formé de l’impressionnante soprano Martina Serafin (Abigaille), l’immense basse Dmitry Beloselskiy (Zaccaria) ou du baryton George Gagnidze (Nabucco), fait mouche.

Mais si l’on rêvait aux Jardins suspendus de Babylone ou au Temple de Salomon, on n’est pas gâté par la scénographie minimaliste de Jean-Paul Scarpitta, son immense plateau nu rehaussé seulement de quelques projections rocailles sur le mur de scène. Reste la magie de voir quatre chœurs (opéras d’Avignon, Toulon, Montpellier et Nice) débarquer sur scène par flots ininterrompus (près de 110 voix et une quarantaine de figurants!) pour chanter le célèbre « Va pensiero »…

JACQUES FRESCHEL
Juillet 2014

Photo : Nabucco © Christian Bernateau