Le Festival d’automne de Gardanne, une éclatante démonstration de cinéma

Chemins de vieVu par Zibeline

• 17 octobre 2014⇒28 octobre 2014 •
Le Festival d’automne de Gardanne, une éclatante démonstration de cinéma - Zibeline

26e Festival d’automne, et un public passionné au rendez-vous pour une cinquantaine de films choisis avec discernement par Régine Juin, et des rencontres-débats, tel celui de Thomas Salvador pour Vincent n’a pas d’écailles (lire entretien ici ). Nicolas Gayraud a présenté Le temps de quelques jours, et répondu aux questions du public. Son film nous fait partager le quotidien et les pensées des sœurs du couvent de Bonneval en Aveyron, quête de spiritualité, remise en cause de la société et de son manque de profondeur. Une relecture fine et enjouée du monde, où rires espiègles et réflexion se conjuguent avec délicatesse. Le choix personnel de se retirer du monde s’effectue sans grandiloquence, ni prosélytisme. Portraits, paysages, montage d’une sobriété minimaliste, en épure, à l’image du choix de vie des protagonistes… Documentaire encore, le très beau Kumbh Mela, sur les rives du fleuve sacré de Pan Nalin, sur le plus grand pèlerinage du monde qui rassemble plus de cent millions d’hindous tous les douze ans. On est séduit par À la recherche de Vivian Maier de Charlie Siskel, et la qualité des photographies de cette nurse mystérieuse, qui a vraiment existé. Il y a tant d’œuvres à citer, à aimer : le bouleversant Siddarth de Ritchie Mehta, le superbe Whiplash de Damien Chazelle, chemin de croix du batteur pour atteindre la perfection jazzique, le rythme endiablé de Pride de Matthew Warchus et sa belle histoire de solidarité, sans compter le bouleversant film de clôture, Marie Heurtin de Jean-Pierre Améris sur l’histoire vraie d’une jeune fille née sourde et aveugle que le dévouement d’une religieuse sauvera de l’enfermement. On gardera le remarquable prix du public, Iranien de Mehran Tamadon, qui réussit le tour de force de discuter avec des religieux extrémistes sur le vivre ensemble. Au cartésien s’oppose un discours huilé, empli de syllogismes. Comment trouver un terrain commun avec des personnes qui refusent jusqu’au chant de femme ! Vous le saviez déjà, le Festival de Gardanne reste la démonstration éclatante que le cinéma n’est pas un simple divertissement.

MARYVONNE COLOMBANI
Novembre 2014

Le Festival cinématographique d’automne de Gardanne s’est déroulé du 17 au 28 octobre

Photo : Marie Heurtin de Jean-Pierre Améris © Unifrance