Vu par Zibeline

Le Charlie Jazz festival, savant dosage entre le festif et la musique, mais dont les femmes sont absentes

Charlie sans les dames

Le Charlie Jazz festival, savant dosage entre le festif et la musique, mais dont les femmes sont absentes - Zibeline

Le Charlie Jazz Festival, un des premiers festivals jazz de l’été, gagne ses galons d’année en année tant au niveau de la qualité des musiciens (sans e) qui s’y produisent que par son accueil d’un grand professionnalisme.

La 18e édition a commencé avec l’ensemble marseillais Accoules Sax, suivi du Trio d’en Bas. Ensuite une vraie découverte avec Ambrose Akinmusire : sans déballage de virtuosité, le son de sa trompette envoûte par des compositions profondes qui déclenchent des images très poétiques. Sa sixième chanson, rythmée, au caractère mélodique prononcé, finit sur une note unique, puissante, répétée ensuite par tous les musiciens sur la batterie hypnotique de Justin Brown. Un bonheur pur. Plus classiques, Stefano di Battista et Sylvain Luc, inspirés par Ennio Morricone, ont clôturé cette soirée. La 2e soirée commence avec Emmanuel Cremer, artiste en résidence à Fontblanche cette année, et sa musique très inspirée par la musique répétitive américaine Puis Renaud Garcia-Fons atteint des sommets de virtuosité. Dans Vers Barbès, sa contrebasse prend des accents orientaux où l’archet sert de plectre et la transforme en oud. Enfin Omar Sosa, Paolo Fresu et Trilok Gurtu, le percussionniste indien, enflamment le public avec une joute verbale mémorable entre Cuba et l’Inde. La dernière soirée a débuté par le duo Petite Vengeance, et la fanfare Impérial Kikiristan, inventive, à l’humour décalé. Puis entre en scène le très attendu pianiste Brad Mehldau. Ballades hard-bop, blues, thèmes brésiliens, Till I die des Beach Boys revisité, son trio nous emmène loin, avec la contrebasse de Larry Grenadier et la très sensuelle batterie de Jeff Ballard. Une leçon du jouer-ensemble remarquable. Clôture du festival par une musique inhabituelle entre techno et électro-jazz avec le Magnetic Ensemble d’Antonin Leymarie et le génial saxophoniste Thomas de Pourquery en chanteur invité.

À noter une exposition des photos de Gérard Tissier, et une installation de Cécile Léna et Philippe Méziat, JazzBox, qui présente les maquettes de 8 lieux mythiques du jazz mis en boîtes avec des extraits de musiques célèbres de New York, Chicago, Cuba, Détroit…

Ce festival a fait preuve une nouvelle fois d’un savant dosage entre le festif et la musique, avec une participation du public exceptionnelle. Une savante absence de femmes, aussi, qu’on déplore…

DAN WARZY
Juillet 2015

Le Charlie Jazz festival a eu lieu les 3, 4 et 5 juillet au Domaine de Fontblanche de Vitrolles

Photo : Ambrose Akinmusire © Dan Warzy

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Association Charlie Free – Le Moulin à Jazz
Domaine de Fontblanche
13127 Vitrolles
04 42 79 63 60
http://www.charliefree.com/