Spectacle partenaireVu par Zibeline

Un envoûtant concert de l'ensemble Concerto Soave aux Rencontres Internationales du Thoronet !

Chants d’amour et de douleurs…

• 23 juillet 2016 •
Un envoûtant concert de l'ensemble Concerto Soave aux Rencontres Internationales du Thoronet ! - Zibeline

Les Rencontres Internationales du Thoronet, animées par Dominique Vellard, proposent depuis près d’un quart de siècle de partir à la découvertes des « Musiques médiévales » dans le cadre sonore absolument unique et somptueux de l’abbaye cistercienne varoise. C’est plus généralement à la musique dite « ancienne » qu’elles se consacrent, comme ce fut le cas le 23 juillet avec Concerto Soave, ensemble bien connu dans notre région puisqu’il est aussi le fer de lance du festival Mars en Baroque à Marseille.

Jean-Marc Aymes, dans le cadre de la thématique « méditerranéenne » de l’édition 2016, avait préparé un programme consacré à la vocalité du début du 17è siècle à Venise. A l’orgue, distillant traits et couleurs dont il a le secret, ouvrant un espace harmonique parfois surprenant d’audaces chromatiques imaginées par Claudio Merula, le musicien a offert un écrin sonore à sa complice Maria Cristina Kiehr qui, s’y glissant avec délices, s’appuya naturellement sur l’acoustique des vieilles pierres pour livrer un concert magnifique. Sa voix suave, chaleureuse, sans quasiment de vibrato, avec l’économie de moyen qu’on lui connaît, une expression sobre mais n’excluant pas la profondeur, la soprano a ému l’assistance au fil de ses vocalises ondulant dans la nef, comme dans les chants d’amour à la vie tirés du Cantique des Cantiques, pièces d’une grande sensualité signées Giovanni Antonio Rigatti ou Claudio Monteverdi. A la viole de gambe, Sylvie Moquet a moulé son archet dans ce lyrisme, tout en ombre et lumière, la soutenant, lui répondant dans un programme au trajet bien pensé : du Salve Regina de Barbara Strozzi, en passant par de voluptueuses odes à la beauté et à la Nature, jusqu’au Pianto della Madonna, chef d’œuvre de Monteverdi. Là, le récitatif est proche du texte, dans l’esprit du madrigal : la mère chante sa plainte, les étapes d’un deuil insupportable, souffrances et désirs de mort, douleurs dues à la perte d’un fils, pleurs et colère… autant de dimensions qui, au-delà du caractère sacré, confèrent à l’Universel. Ce fut d’autant plus beau que l’espoir était au rendez-vous… qu’on a fini par un Alléluia de Giovanni Felice Sances bâti sur une basse obstinée, toute enluminée et fleurie… en signe de renouveau !

JACQUES FRESCHEL

Juillet 2016

Rencontres Internationales du Thoronet jusqu’au 29 juillet

Programme sur http://musique-medievale.fr

Voir annonce Zibeline : www.journalzibeline.fr/programme/invitation-au-voyage-3

Photo D.R.