Vu par Zibeline

Chambre et Bouffes marseillais

Contrairement aux idées reçues Marseille n’est pas en reste dans de nombreux domaines de production musicale. En sus de structures tournées vers la création, le monde baroque ou le répertoire lyrico-symphonique, la cité phocéenne possède en ses murs deux structures (si différentes soient-elles par le style musical qu’elles proposent) qui n’ont pas d’équivalent dans l’hexagone.

La vénérable Société de Musique de Chambre de Marseille (SMCM), depuis près d’un siècle, propose à ses adhérents une grande saison de concerts et des ensembles prestigieux qui se produisent sur les plus belles scènes du monde. Le couple Isabelle van Keulen (violon) et Ronald Brautigam (piano), rompu à l’exercice du récital depuis 20 ans de collaboration, a montré, le 14 février, une maîtrise impeccable de l’équilibre sonore, du souffle romantique, des nuances et des couleurs, dans la fougue ou la mezza voce des Sonates «Le printemps» de Beethoven ou des n°1 & 3 de Brahms. Là, le mélomane touche au plus près l’intime processus créatif des grands maîtres du passé. On entend bientôt le violoncelliste Michal Kanka ou la pianiste Claire-Marie Le Guay (les 3 et 17 avril. Auditorium Faculté de médecine).

Seul Théâtre en France à proposer une vraie saison d’opérettes, l’Odéon remplit actuellement la salle du Palais des Congrès avec des classiques du genre. Le 26 février, Les mousquetaires au couvent, chef-d’œuvre de Louis Varney, a ravi l’auditoire par sa frivolité légère, toute française, une mise en scène enlevée signée Jack Gervais, un plateau de chanteurs, fantaisistes, choristes-danseurs de haut niveau, un orchestre résolument dirigé par Jean-Pierre Burtin, toute une troupe qui donne des fourmis aux jambes d’un public, certes d’âge mûr, mais assez rock n’roll d’esprit ! À venir, La Belle de Cadix et La vie parisienne (les 14 & 28 avril).

Pour que vivent ces belles entreprises, il faut inciter tout-un-chacun à partager ces instants rares, et inviter des jeunes à les découvrir (les quarantenaires y font parfois figures de marmots). Car dans la salle on s’initie patiemment à ce qui constitue le cœur d’une culture qu’on n’aimerait pas voir disparaître…

JACQUES FRESCHEL

Avril 2012