Exposition Chagall à l’Hôtel de Caumont, jusqu’au 24 mars

Chagall coloriste en noir et blancVu par Zibeline

• 1 novembre 2018⇒24 mars 2019 •
Exposition Chagall à l’Hôtel de Caumont, jusqu’au 24 mars - Zibeline

L’exposition Chagall à l’Hôtel de Caumont est une belle surprise car comment appréhender singulièrement son talent de coloriste et son iconographie réputés mondialement ? En mettant nos pas dans son exploration Du noir et blanc à la couleur, en faisant fi de la chronologie et des thèmes récurrents – excepté dans la salle consacrée à « La Bible, un répertoire d’images infini » – comme nous y invite Meret Meyer, co-commissaire avec Ambre Gauthier. En se consacrant pleinement à son vocabulaire déployé sur divers supports (toile, papier Japon et papier Arches dont il utilise les textures comme éléments graphiques) et dans différents médiums (sculpture en pierre de Rognes « à l’épiderme poreux », marbre, calcaire et bronze, céramique, vitrail, dessin, gravure, bas-relief). Par sa montée en puissance vers une explosion de couleurs et le dialogue entre des pièces inédites et mondialement réputées, l’exposition souligne l’enrichissement de son travail de la couleur par celui du noir et blanc, leurs interactions permanentes à son retour d’exil aux États-Unis en 1948 et les effets immédiats de ses expérimentations techniques. Recherche des ombres, des lumières et des demi-teintes dans le noir et blanc ; densification de la matière par empâtements, superpositions de couches sous-jacentes, collages de papiers et tissus ; travail des fonds de plus en plus transparents avec l’usage du blanc et l’expérience du vitrail… Qu’il réalise un vase de forme gréco-romaine, un paravent, un lavis ou une aquarelle, Chagall traite sa palette chromatique à l’identique avec des réserves, des pleins, déstructure les espaces, compartimente les plans, enlace courbes et arabesques. Le parcours procède par assemblages de découpes picturales et sculpturales d’où émane une sensation inhabituelle de délicatesse, de plénitude aussi malgré une « œuvre imprégnée des ténèbres de la guerre ».

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI
Novembre 2018

Photo: Marc Chagall, Le cuisinier illustration n°13 pour les Contes de Boccace, Verve, 1949-1950. Lavis d’encre de Chine, encre de Chine et gouache blanche sur papier, 34,1 x 27,8 cm. Collection particulière, 1968-1971 © ADAGP, Paris, 2018 © Archives Marc et Ida Chagall, Paris

Chagall, Du noir et blanc à la couleur
jusqu’au 24 mars
Hôtel de Caumont, Aix-en-Provence
04 42 20 70 01
caumont-centredart.com