Lyes Salem est venu au 12e Festival des Cinémas d’Afrique du Pays d’Apt présenter L'Oranais

« C’est qui, la Révolution ? »Vu par Zibeline

• 20 novembre 2014 •
Lyes Salem est venu au 12e Festival des Cinémas d’Afrique du Pays d’Apt présenter L'Oranais - Zibeline

En faisant monter en voiture une personne voilée, Djaffar ignore qui son ami Hamid embarque : la Révolution ! « C’est qui, la Révolution ? » lui demande- t-il ? On est aux premiers moments de la guerre pour l’indépendance de l’Algérie et Djaffar va le savoir très vite : il prend le maquis, laisse sa femme Yasmine contre son gré, et ne trouve que cinq ans plus tard un enfant qu’elle lui a laissé.  On ne lui a rien dit et ce secret bien gardé, il le découvrira longtemps après, alors que, « Héros »  de la révolution, cet ancien menuisier devenu le « Commandant », dirige une entreprise d’état, sans réelle compétence pour cette tâche. La scène où dans son immense bureau, devant trois téléphones, il ne sait lequel il doit décrocher, pourrait se trouver dans un film de Charlie Chaplin.

Dans L’Oranais, le nouveau film de Lyes Salem, (dont on avait aimé en 2004 Cousines et, en 2008, Mascarades),  à la mise en scène très maitrisée, se mêlent l’Histoire d’une jeune république et destins individuels, ceux de ces jeunes remplis d’idéal, dont certains, peu à peu, se laissent enivrer par le pouvoir et l’argent. Le réalisateur y incarne avec justesse Djaffar, cet homme blessé qui essaie de rester intègre sans toujours y parvenir, en face de  son ami de jeunesse, Hamid, (Khaled Benaïssa) devenu ministre, qu’attirent les sirènes du pouvoir et de la grande vie. Quant à la position plus idéaliste et plus radicale de Saïd (Djemel Barek), elle lui vaudra de sérieux « ennuis ».

« C’est un film qui m’était nécessaire » a dit le réalisateur-acteur au public auquel il est venu le présenter, en avant-première, dans le cadre du 12e Festival des Cinémas d’Afrique du Pays d’Apt. Il a passé plus de trois ans à l’écriture  du scenario de ce film qui aborde tout à la fois les problèmes de l’amitié, du secret, du pouvoir, du choix de société, de la langue et de l’identité.

Un film qui a déjà suscité des réactions lors des projections en Algérie et qui fera sans doute réfléchir des deux côtés de la Méditerranée.

Annie GAVA
Novembre 2014

Crédit photo : Haut et Court

Ecouter l’interview de Lyes Salem sur WRZ ici

Lyes Salem viendra présenter L’Oranais le 20 novembre à 20h  à l’Alhambra CineMarseille