Le Festival Durance Luberon jazze en ouverture

C’est pas d’la tarte ! Indeed !Vu par Zibeline

Le Festival Durance Luberon jazze en ouverture - Zibeline

Avec un mistral qui a la bonne idée de s’apaiser en soirée, la cour du château de Mirabeau offrait un superbe écrin au concert d’ouverture du Festival Durance Luberon. L’ensemble No one but Five déclinait son virtuose dynamisme à travers un florilège de pièces du répertoire du jazz de la New Orleans, depuis Louis Armstrong à Jimmie Noone, génial clarinettiste, en passant par des reprises de Betty  Smith et autres standards. De Five, cette belle formation passait à Seven avec Jérémy F.Marron à la batterie et Marilou Gérard au chant, voix large, se glissant dans le blues ou un jazz léger avec le même bonheur.

Marilou

À leurs côtés, l’imperturbable tuba d’Élise Sut, le banjo au rythme assuré de Gabriel Manzaneque, le piano superbement articulé et le chant de Marie Gottrand, le sax alto et la clarinette de Renaud Perrais et de Jean-François Bonnel, aux improvisations inspirées et acrobatiques. Renaud Perrais raconte comment Ravel qui, après avoir écouté la clarinette de Jimmie Noone, et, séduit par les élégantes prouesses instrumentales du musicien, ne trouva aucun membre de son orchestre capable de jouer ses « impossibles » partitions ! Jean-François Bonnel si, en une éblouissante démonstration ! Le public de la soirée, pas forcément habitué aux concerts de jazz (où il est d’ordinaire coutume d’applaudir les solos virtuoses des musiciens), salua avec enthousiasme (à la fin du concert) l’exceptionnel spectacle. L’humour se glisse avec délices au cœur des morceaux, Yes indeed, He do !, chanson malicieuse de Betty Smith, ou I know what I know de Charles Mingus. Le blues populaire de W. C. Handy, Saint Louis Blues (en hommage à Armstrong), répond au blues de Jimmie Noone, Every evening I miss you… La bonne humeur ne nous quitte pas avec la « réveilleuse » (antithèse parfaite de la berceuse) Wake up !… Assaut de verve, d’éclats… Malicieusement, la chanson de  présentation finale des différents et talentueux interprètes, ironise « c’est pas d’la tarte ! » : sans aucun doute pour arriver à un tel ensemble ! Mais quel bonheur ! Et ce, dans le cadre unique du Château de Mirabeau qui n’ouvre ses portes qu’une seule fois l’an à un seul public, celui du Festival Durance Luberon. Un des secrets de sa réussite et de sa longévité: il repose sur des bénévoles passionnés, et à tous les niveaux, (de ceux qui rassemblent les chaises au président)… depuis vingt ans!

MARYVONNE COLOMBANI
Août 2017

Concert donné en ouverture du XXème  festival Durance Luberon le 11 août, cour du Château de Mirabeau.

Photographies © MC