Vu par Zibeline

" C’est la faute à vénus " à la Chapelle Saint Joseph de Marseille

C’est la faute à Vénus !


À partir de la Renaissance, les représentations artistiques du mythe de Vénus, (Aphrodite chez les grecs, déesse de l’amour, de la beauté, de la séduction), seront très nombreuses, de Botticelli (Le Printemps) à Yves Klein, plasticien avant-gardiste (Vénus Bleue). Jean-Jacques Tournebise-Ceruti, pianiste, compositeur, narrateur, se délecte d’accompagner ses camarades, de l’air d’opéra à la chanson, des rives de Cythère au salon de la Traviata. On croise Offenbach et sa Belle HélèneHélène Michaïlides, soprano et Benjamin Alexandre, haute-contre, s’entendent à merveille dans Le Jugement de Pâris : qui sera la plus belle de Junon, Minerve, Vénus ? La soprano montre sa technique solide, ligne de chant irréprochable, beaux sons filés (Dis moi Vénus, quel plaisir trouves tu à faire ainsi cascader la vertu ?). Le Désir de Maupassant, merveilleusement mis en musique par Tournebise-Ceruti, première partie sensuelle, fauréenne, suivi d’un rock endiablé, est chanté avec tendresse puis fougue par Benjamin Alexandre. Le pianiste fait apprécier son toucher élégant et expressif. Le duo des Pêcheurs de Perles de Bizet (Leïla/Nadir), puis Sempre libera de La Traviata où la soprano maîtrise les terribles vocalises, nous montrent les multiples facettes de la vie d’une femme chez les compositeurs romantiques, de la pure et sensible Leïla à la courtisane Violetta, objet de tous les désirs. Carmen est libre : c’est la faute à Vénus ? Peut être ! Une Habanera à faire trembler tous les machos ! Plaisir d’amour de Martini, dans un craquant duo, nous rappelle la triste réalité : Plaisir d’amour ne dure qu’un moment, chagrin d’amour dure toute la vie ! Benjamin Alexandre use de trois registres avec aisance : baryton, sa voix naturelle, ténor, haute-contre ! Il délivre un Cara sposa (Rinaldo de Haendel) déchirant, demandant à l’épouse aimée (Armida) les raisons de son éloignement. On sort de ce voyage enrichis, en se disant que l’image de la femme a permis aux poètes et compositeurs de se surpasser. Une reconnaissance artistique souvent tardive, mais un combat permanent… la faute à qui ?

YVES BERGÉ

C’est la faute à vénus, le 12 avril à la Chapelle Saint Joseph, Marseille