Journal Zibeline - bannière pub Journal Zibeline - bannière pub
Vu par Zibeline

Chanter l’icône par l’ensemble Musicatreize : du verbe au chant en passant par l'image

C’est Byzance !

Chanter l’icône par l’ensemble Musicatreize : du verbe au chant en passant par l'image - Zibeline

Au Petit Palais à Paris est exposée une icône, un chef-d’œuvre peu connu de l’art byzantin signé Franghias Kavertsas (Crétois du XVIIe siècle), qui est une interprétation picturale d’une hymne écrite par l’un des derniers pères de l’église, opposé aux iconoclastes de son temps : Jean de Damas (VIIIe siècle). Son titre : En toi se réjouit toute la création. La conservatrice du fond byzantin Raphaëlle Ziadé a eu l’idée de demander au compositeur Michel Petrossian (aussi un érudit des civilisations et langues anciennes) d’effectuer un geste créateur inverse : imaginer une œuvre musicale moderne qui s’inspirerait de cette icône. Elle a été présentée Salle Musicatreize, où on a entendu Chanter l’icône.

Raphaëlle Ziadé anime la conférence : d’une voix posée elle dévoile les secrets du tableau qu’on découvre, petit à petit, par fragments, sur un écran en fond de plateau (Samuel Bester, vidéo). Selon le même principe, on entend, rythmant son discours, les séquences musicales qui constituent, par bribes, la création de Michel Petrossian. Ces partitions à valeur universelle, en cinq langues (hymnes, sonnet, poèmes d’époques diverses), constituent une relecture de l’icône qui comprend, dans un format modeste (58 x 55 cm), une multitude de figures, allégories, détails, portraits, paysages… Les chanteurs de Musicatreize (mise en espace Toni Casalonga) tissent une polyphonie complexe, aux contours modernes, mais dont les dissonances semblent se fondre dans un langage ancien, modal, voire d’essence populaire… Au final, lorsque l’icône est révélée dans sa totalité, c’est toute la partition qu’on reprend, intégralement, avec en majesté, telle la Vierge à l’enfant qui constitue le sujet central de l’œuvre, l’Hymne de Jean de Damas interprétée dans sa version musicale la plus ancienne conservé à ce jour, datant du XIVe siècle, signée du Byzantin Xénos Koronis.

La forme de cette création séduit : elle rend accessible un tableau méconnu (qu’on a hâte de découvrir in situ) et accessible aussi une musique (souvent réputée « difficile ») dont les clefs sont offertes via l’image. Gagnant-gagnant !

JACQUES FRESCHEL
Février 2018

Chanter l’icône a été donné Salle Musicatreize, Marseille le 2 février. Une coproduction du Musée du Petit Palais et du CNCM Voce à Pigna en Corse

Photographie : Chanter l’icône, à Pigna © Samuel Bester


Salle Musicatreize
53 Rue Grignan
13006 Marseille
04 91 00 91 31
musicatreize.org